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Amar Mohand-Amer. Historien au CRASC d’Oran

«Cette jeunesse bâtira l’Algérie de demain»

11 décembre 2019 à 9 h 06 min

L’historien Amar Mohand-Amer est directeur de la division socio-anthropologie de l’histoire et de la mémoire au Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle CRASC d’Oran. Il nous livre, dans cet entretien express, son point de vue sur le hirak estudiantin, tout en faisant le parallèle avec l’engagement révolutionnaire des étudiants de l’UGEMA au temps de la guerre de Libération nationale. Selon lui, les Algériens doivent être très fiers de leurs étudiants, qui portent en eux la même soif que leurs aïeux pour une Algérie libre et démocratique. Sortir chaque mardi revendiquer une Algérie nouvelle aboutira forcément, selon lui, à la réalisation de ce rêve pour lequel tant de sacrifices ont été faits, à savoir bâtir notre pays sur de nouvelles bases, plus démocratiques.

– Le mouvement estudiantin actuel se réfère, dans sa lutte pour l’avènement d’une nouvelle Algérie, au combat mené par les étudiants durant la guerre de Libération algérienne. Quel a été le rôle des étudiants dans la lutte du peuple algérien contre le colonialisme français ?

Les étudiants et les lycéens ont apporté une grande plus-value à la Révolution algérienne. Ils ont pris d’immenses responsabilités en étant très jeunes. C’est une génération en or, bien formée politiquement, énergique, et courageuse. Le système colonialiste avait bien compris la force et l’impact de cette génération sur la société et le FLN.

Il a alors fomenté des complots et des actions pour enrayer la dynamique apportée par les étudiants après la grève du 19 mai 1956. La Bleuite, par exemple, répondait en grande partie à la stratégie du colonialisme de déconsidérer ces jeunes instruits dans les maquis.

– Voyez-vous des similitudes, en termes d’engagement et de prise de conscience, entre le mouvement estudiantin actuel et celui de la guerre de Libération ?

La génération du 22 février 2019 est venue nous délivrer de la peur, de la médiocrité et du diktat de la gérontocratie politique. Elle est le bouclier et la force motrice du hirak. Comme en 1956, elle s’engage avec force, et d’une manière spectaculaire, organisée et déterminée à la refondation de notre pays sur de nouvelles bases, plus démocratiques. Nous devons être très fiers de nos étudiants. Ils ont l’ADN des braves patriotes de l’UGEMA historique.

– En termes d’organisation, qu’est-ce qui empêche aujourd’hui l’émergence d’un mouvement estudiantin unificateur, à l’image de l’UGEMA ou l’UNEA des premières années de l’indépendance ?

Le hirak, et j’en suis convaincu, est en train de créer les conditions objectives d’une recomposition politique radicale dans notre pays, où les étudiants du hirak vont jouer les premiers rôles. Ce sera, je l’espère de tout cœur, de nouvelles organisations estudiantines plus imprégnées des valeurs de démocratie et de liberté, nourries de la sève de la mobilisation populaire et pacifique de la silmiya.

– Quelle issue entrevoyez-vous à ce mouvement ?

Au 1er Novembre 1954, une poignée de jeunes militants, inconnus pour la grande majorité, ont osé défier le destin et la puissance coloniale. Sept ans et demi après, l’histoire leur a donné raison. Cette jeunesse du 22 février 2019 bâtira l’Algérie de demain, libre, juste et démocratique.



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