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L’artiste Abderrahmane Kahlane expose à l’hôtel Sofitel d’Alger

Au cœur de deux univers

13 mars 2019 à 10 h 00 min

Du 16 mars au 16 avril, l’artiste-peintre Abderrahmane Kahlane dévoilera, à l’hôtel Sofitel d’Alger, une double collection de peinture aux couleurs chatoyantes.

Intitulée «Quintessence», cette imposante collection de tableaux est signée par les artistes Abderrahmane et Zohra Kahlane. Le frère Abderrahmane a voulu rendre un hommage posthume à sa regrettée et complice sœur, Zohra, décédée le 14 janvier 2016 à Alger, en lui consacrant un espace dédié à ses tableaux. Une sœur adorée, qui a certes produit une somme d’œuvres, mais qui n’a jamais exposé de son vivant.

Le visiteur est à même de découvrir au niveau du premier étage de l’hôtel Sofitel 18 aquarelles réalisées par la défunte. Diplômée de l’Ecole nationale des beaux-arts d’Alger et professeur de dessin au lycée, Zohra Kahlane avait plus d’une corde à son arc, puisqu’elle était à la fois artiste-peintre, dessinatrice et sculptrice. Avec dextérité et partialité dans les couleurs, Zohra Kahlane dresse une série de portraits de femmes algériennes, avec des tenues traditionnelles, à l’image de l’Algéroise, ou encore de la Boussadia.

La Casbah occupe, également, chez elle, une place de choix avec ses venelles exiguës, ses escaliers escarpés et sa population. «La Joconde» est la dernière esquisse non terminée que la défunte a entamée juste avant sa mort. Dans le dépliant consacré à cette exposition, le frère aîné, Ali Kahlane, qualifie le style artistique de son petit sœur d’«expressionnisme aux couleurs douces, un flou qui se dégage de ces œuvres et utilisé pour mettre en valeur des objets et des accessoires pour mieux cerner le personnage principal. Ses tableaux sont généralement très lumineux et souvent réalisés en plein air à la lumière du jour».

Pour sa part, Abderrahmane Kahlane expose, au rez-de chaussée de l’hôtel Sofitel d’Alger. Les cimaises sont ornées de 26 œuvres aux dimensions variées, regorgeant de couleurs et d’éclat.

La présente collection de cet autodidacte se démarque des précédentes. S’il est réputé pour les portes et le vieux bâti de la Médina d’Alger, il dévoile cette fois-ci des portraits colorés de femmes aux longs cous. Il nous confie que quand il avait commencé à travailler sur le thème floral, sa regrettée sœur, Zohra, lui avait conseillé de peindre un portrait, alors que ce n’était pas dans ses habitudes de peindre ce genre de sujets.

«Quand ma sœur est morte, explique-t-il, j’ai commencé à travailler sur ces femmes. J’étais complètement dans ce thème». Le regard de tout visiteur est ébloui par  ces femmes sereines aux cous longitudinaux dont la tête et les oreilles sont serties de parures de bijoux berbères multicolores. Elles ploient dans un espace neutre. Si toutes ces femmes imposantes ont les yeux fermés -avec une pensée à la défunte Zohra-, une seule femme se démarque des autres avec les yeux grands ouverts. Il faut dire que Abderrahmane Kahlane s’est beaucoup inspiré des femmes de sa région M’sila.

Il leur rend d’ailleurs hommage. «Je me suis inspiré de ma grand-mère, qui portait beaucoup de foulards aux couleurs bigarrées et de grosses boucles d’oreilles. Je lui ai rendu hommage», confie-t-il. Entre une halte entre deux tableaux, Abderrahmane nous rappelle que l’art est une histoire de famille. Son grand-père maternel était à la fois couturier, tailleur et brodeur à M’sila. Il excellait dans la confection des burnous. Quand à son grand-père paternel, il était brodeur sur cuivre. De même que son oncle paternel était martyr et artiste-peintre, sans oublier sa défunte sœur Zohra.

Cette collection 2019, qui a nécessité trois ans de labeur, compte aussi trois panneaux grandeur nature aux traits fluides et aux tons fauves. On devine en filigrane ce défoulement et cette liberté dans l’acte de peindre. D’autres tableaux interpellent le regard, comme celui intitulé «Le temps», où l’on découvre les passages de la vie avec des coutures symbolisant les déchirures, les blessures, la nostalgie, ainsi que les événements que l’artiste a traversés durant sa vie. «Les douirettes de La Casbah d’Alger» dévoilent une superposition de maisonnées colorées pour incrustation des heurtoirs en cuivre.

La palette de Abderrahmane Kahlane n’a pas de frontières. Elle est colorée et pleine de gaieté, mais le bleu reste omniprésent dans sa peinture. Il excelle, également, dans les techniques mixtes, puisqu’il se plaît à mélanger la peinture à l’huile, l’acrylique, le plâtre et les pigments. Détenteur d’une galerie d’art depuis quatre ans à l’Office Riadh El Feth, à Alger, Abderrahmane Kahlane est un artiste qui a l’art dans l’âme. A chacune de ses expositions, il montre un nouveau pan de son talent.

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