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Un pilote, une légende épisode 2 : Michèle Mouton, la reine des montagnes

21 décembre 2021 à 10 h 00 min

Connaissez-vous Michèle Mouton ? C’est l’une des rares femmes à avoir marqué l’histoire du sport automobile durant plusieurs saisons. Dans cet épisode, nous vous ferons découvrir le beau volcan noir, surnom qui lui a été donné par les médias à cause de son tempérament de feu. Qui est-elle et comment est-elle arrivée jusque-là ?

Pourquoi pilote ?

Au tout début, elle ne voulait pas devenir pilote et c’est sûr, car durant l’époque où notre pilote du jour a grandi, ce n’était pas la première idée qui fleurissait dans la tête d’une jeune fille. Michèle voulait devenir assistante sociale pour les jeunes en difficulté. Cependant, son père étant un grand passionné d’automobile, il lui a transmis le virus. Elle apprend à conduire très tôt, tout juste à l’âge de 14 ans, sur les petites routes qui bordaient les champs de fleurs de ses parents.

Elle se fait la main sur la voiture française par excellence, la Citroën 2CV. Pour notre pilote du jour, l’automobile représente la liberté, et l’idée de devenir pilote n’a pas encore fleuri. Son père, la voyant retourner la voiture dans tous les sens, il se dit qu’elle a du talent, et décide de lui acheter sa première voiture et pas n’importe laquelle.

La jeune fille commence à se perfectionner sur une Alpine A110 1600S et à cette époque, il n’y avait pas mieux. Son premier contact avec le rallye était en tant que co-pilote à bord d’une Peugeot 304 S. Le pilote, qui était un ami de la famille, décide de prendre Michèle pour peser le pour et le contre. Sorti de cette expérience, le père de Michèle lui pose un ultimatum car il croit très fort en le talent de sa fille. C’est alors que Michèle décide de devenir pilote.

Les débuts de la reine

Elle fait ses débuts dès 1974 et à ce moment-là, ce n’était pas facile, car la femme ne pouvait avoir une place dans une discipline d’hommes. A bord de l’Alpine A110 que son père lui avait offerte, elle devient championne de France dès sa première participation et décroche le titre de vice-championne de France en Groupe 3.

Pour sa première participation en tant que pilote, la reine est déjà couronnée et on pouvait dire que son père avait du flair. En 1975, elle confirme sa présence en remportant une seconde fois le titre de championne de France sans oublier sa victoire aux 24H du Mans en catégorie 2L à bord de la Moalé LM75, un petit bijou de 1985cc développant 220 chevaux et ne pesant que 675 kilos et le tout couplé à une boîte Porsche 5 rapports. L’équipage qui conduisait la voiture n’était composé que de femmes, Maria Hoepfner, Michèle Mouton et Christine Dacremont.

Un talent qui attire

En 1977, elle participe au championnat d’Europe des rallyes et termine vice-championne derrière Bernard Darlich. Les choses sérieuses commencent en 1978 en obtenant son premier volant officiel et ce sera sur une Fiat 131 Abarth qui embarque un 4 cylindres 2l, qui développe 215 et ne pèse qu’une tonne et, pour plus de fun, c’est une propulsion. Sur cette voiture, elle va remporter la coupe féminine entre 1978 et 1980 et terminera vice-championne de France en 1979. Son talent et sa fougue démontrent clairement que c’est une pilote qu’il faut avoir dans son écurie.

AUDI, Mouton

Notre pilote du jour obtient un volant officiel chez Audi en 1981 et cette année va être marquée par une chose. Michèle est la seule femme à avoir remporté une manche du championnat du monde des rallyes. A bord de l’Audi Quattro, elle remporte le rallye de San Remo en groupe 4. Il ne faut pas oublier qu’en 1980, Michèle Mouton a été engagée pour seconder Hanou Mikola, un très grand pilote de rallye. D’ailleurs, ce dernier remporta le titre mondial en 1983.

En 1982, l’équipe Mouton Mikola fut rejointe par Steeve Blomquist et avec une équipe pareille, Audi roulait littéralement sur la concurrence. Audi remporte le titre constructeur et Mouton finit en seconde position au général et c’est, jusqu’à présent, la seule femme à y parvenir. En 1983, elle terminera 5e au classement général et en 1984, elle ne fera qu’une demi-saison au volant de l’Audi Quattro A2. Mais l’année 1984, c’est surtout l’année Pikes Peak !

En route vers le toit du monde

La course de Pikes Peak, qui a lieu chaque année depuis 1916, est située dans les montagnes rocheuses du Colorado. Avec un tracé de 20 kilomètres de long et une ligne d’arrivée se situant à plus de 4300 mètres, il fallait avoir les reins solides surtout qu’à cette époque, la route était en terre et qu’il n’y avait aucune barrière. Michèle participe, en 1984, en catégorie rallye et signe le second meilleur temps au volant de son Audi Quattro.

Mécontente de ce résultat, la jeune Michèle revient en 1985 avec une Audi préparée à 600 chevaux. Pour les Américains, il était hors de question de se faire battre par une femme et décident de la surveiller de trop près.

Pendant les échauffements, Michèle est surprise en train d’accélérer un peu trop fort et directement, la sanction tombe. Michèle Mouton est pénalisée et est obligée de prendre le départ depuis l’extérieur de la voiture comme aux 24H du Mans.

Très énervée, d’où son surnom de volcan de feu, Michèle part comme jamais, et à l’arrivée elle explose le chrono avec un temps de 11 mn et 25 s et remporte automatiquement la course. L’année 1986 fut sa dernière année sur les pistes avant de se consacrer à sa vie de famille. Elle remporte le championnat d’Allemagne des rallyes avec 6 étapes sur 8 à son actif à bord d’une Peugeot 205 T16.

C’est au Tour de Corse qu’elle met un terme définitif à sa carrière. A bord de la 205, elle fait un bon rallye, mais les problèmes mécaniques en décident autrement. Le jour suivant, Henri Toyvonen et Segio Cresto trouvent la mort. A 35 ans, Michèle arrête la course et, un an après, sa fille est née.
Pilote pour toujours

En 1988, elle organise la première course des champions en hommage à Toyvonen et Cresto. Elle participe à quelques courses, comme au trophée Andros en 1995. En 2010, elle est nommée manager de la sécurité et des règlements en WRC.

En 2011, le président de la Fédération international d’automobile, Jean Todt, la nomme présidente de la Women and Motorsport commission car quoi de mieux pour promouvoir les femmes, qu’une femme championne. Michèle Mouton est devenue au fil des ans un exemple à suivre pour de nombreuses femmes pilotes à travers le monde.

On citera, à titre d’exemple, Danika Patrick en Nascar aux USA, Sarah Bouvier ou Sarah Lizou qui sont en train d’inscrire leurs noms dans l’histoire ou encore la regretté Sabine Schmitz surnommée la reine du Nurburgring, morte en 2020 des suites d’un cancer.

Cette dernière aura également marqué l’histoire du sport automobile en créant la team Frikadeli Racing sur base Porsche et en devenant la RingMeister.


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