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Le doodle d’Issiakhem

23 juin 2018 à 11 h 11 min

Quasi-incarnation de Big Brother pressenti par Georges Orwell dans 1984, le plus grand moteur de recherche au monde – à la fois génial, indispensable et inquiétant – a consacré dimanche dernier sa vitrine (il faut dire «doodle», me signale-t-on) au peintre algérien M’hamed Issiakhem (1928-1985). Le 17 juin correspond en effet au 90e anniversaire de sa naissance.

Plusieurs de mes consœurs et confrères ont signalé le fait, évoquant un «hommage» ou une «célébration». Il y avait de quoi partager leur enthousiasme. Sur le moment, je me suis même laissé imaginer qu’au siège de la compagnie, à Mountain View, près de San Francisco (où je n’ai jamais compris pourquoi les chiens des employés sont autorisés mais par leurs chats), deux ou trois d’entre eux (les employés, pas les chats) parmi quelque 60 000, auraient tenu une réunion de, mettons dix minutes, sur notre grand artiste. Dix minutes, c’est énorme au pays de time is money et chez un poids lourd de Wall Street. Peut-être même avait-on invité un historien de l’art spécialiste du Maghreb ?

Mais j’ai fini par douter de la belle attention d’une compagnie dont le nom vient du terme mathématique «gogol», soit le chiffre dix à la puissance cent. A ne pas confondre avec l’immense homme de lettres russe, Nicolas Gogol (1809-1852) qui, certes, faisait des calculs, mais pour pouvoir vivre du maigre salaire que lui versait l’administration du tsar. Je me suis donc rabattu sur une version moins glorieuse, celle d’une machine démentiellement énorme fonctionnant à partir d’un fameux algorithme qui classe les pages web, détecte automatiquement les mots-clés et établit des fréquences de consultation. Et bling, Issiakhem serait sorti du chapeau cybernétique ! Puis l’ordinateur mondial aurait généré un ordre à un graphiste (humain dans le meilleur des cas) pour dessiner le doodle.

Notons en tout cas que l’événement se base sur la naissance de l’artiste au lieu de son décès comme souvent chez nous, où les hommages privilégient la pleurnicherie solennelle. Mais relevons la substitution : l’événement  n’est plus l’anniversaire d’Issiakhem, mais le fait que Big Brother l’évoque. Signalons enfin et surtout qu’il revient à l’Algérie (et pas seulement à l’Etat) d’honorer ses artistes.

Mais ce que font les autres, ils le font. Et même bien, quoi que nous trouvions à redire. La preuve, sur ce même moteur de recherche, on peut découvrir qu’en 2016, la maison Ader de Paris a vendu aux enchères un Issiakhem («Maternité», 1969) pour 175 000 euros. Le catalogue précisait qu’il provenait de «l’ancienne collection du Pr X, Alger». Pourtant la loi 98-04 sur la protection du patrimoine culturel interdit toute exportation de ce genre. Finalement, que l’on oublie le 90e ou le 97e anniversaire d’Issiakhem n’est pas si grave quand, à côté, on peut oublier de protéger ses œuvres !

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