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Union nationale recherchée en Tunisie

01 août 2016 à 10 h 00 min

Comme attendu, l’Assemblée des représentants du peuple (le Parlement tunisien) a retiré sa confiance au gouvernement dirigé par l’indépendant Habib Essid. Son départ était en effet prévisible depuis début juin, suite à l’annonce faite par le président Béji Caïd Essebsi d’opter pour un cabinet d’union nationale, et ce, en dépit de sa volte-face et de son refus de démissionner, préférant s’en remettre au verdict du Parlement.

Le Président a désormais dix jours pour choisir une personnalité qui sera chargée de former un nouveau cabinet, lequel devra succéder à celui de M. Essid qui n’aura, en tout et pour tout, tenu qu’un an et demi, malgré un remaniement en janvier dernier.

Il est vrai que les critiques n’ont pas tardé à l’égard du Premier ministre sortant, auquel il est reproché d’être un «symbole de l’ancien régime» depuis son entrée au gouvernement en 2001 sous la présidence de Ben Ali. Il aura fallu toute l’habileté de Caïd Essebsi pour imposer son choix au Parlement. En dépit d’un tel soutien, les critiques émanant des partis politiques ne l’ont pas pour autant ménagé, notamment au sein de la formation du Président qui a perdu sa majorité parlementaire au profit des islamistes d'Ennahdha après plusieurs défections de députés de Nidaa Tounes. C’est sans doute le désaveu du Président à l’égard du cabinet sortant qui a scellé le sort de l’indépendant Premier ministre, auquel il a reproché le manque d’efficacité et le peu de résultats obtenus, au moment où la Tunisie traverse une période difficile, tant sur le plan sécuritaire que sur le plan économique.

Samedi soir, ce sont les quatre formations au pouvoir, dont Nidaa Tounes et Ennahdha, qui ont retiré leur confiance à Habib Essid, annonçant par-là peut-être un recentrage politique vers les islamistes, regroupés au sein de ce qui est devenu la première formation au Parlement suite à l’implosion de celle fondée par Caïd Essebsi. Et où son propre fils Hafedh, cadre dirigeant au sein du parti, serait, dit-on, à l’origine des pressions pour l’obliger à démissionner.

Mais dans ce qui peut paraître davantage comme un «jeu de chaises musicales» qui intégrerait les islamistes, ce changement cache mal un profond malaise au sein de la classe politique tunisienne, comme l’a laissé apparaître la réaction des élus de gauche du Front populaire qui ont refusé de participer au vote du retrait de confiance, dénonçant ainsi un processus de «pure forme». Un scepticisme que partagent bon nombre d’observateurs, de journalistes, à l’instar des commentaires de la presse qui se montre préoccupée par la suite des événements, comme l’a écrit Le Quotidien : «Il serait naïf de penser que le sauvetage du pays est tributaire d’un gouvernement d’union nationale.» C’est dire qu’avec un gouvernement d’union nationale, les choses les plus difficiles commencent.

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