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mardi, 07 décembre, 2021
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Une option résolue ?

12 octobre 2021 à 10 h 00 min

Le président Abdelmadjid Tebboune s’est lâché comme jamais auparavant pour dénoncer les survivances du système colonial français qui façonnent les relations entre l’Etat français et ses anciennes colonies, dont l’Algérie, comme le démontrent, de façon cyclique, les crises récurrentes qui secouent Paris et Alger, quelle que soit la couleur de la majorité politique aux affaires dans l’Hexagone.

Le ton résolument offensif utilisé par le chef de l’Etat lors de sa rencontre dimanche avec deux représentants de la presse nationale pour disséquer les tenants de la crise politico- diplomatique provoquée par les propos négationnistes tenus par le président français sur l’existence de la nation algérienne avant l’occupation française et sa qualification, de manière crue et frontale, du pouvoir en Algérie atteste que la crise entre les deux pays est loin d’être un simple orage automnal. Les relations entre les deux capitales, ombrageuses, fragiles, promptes à s’enflammer, au détour d’une déclaration jugée inamicale, attentatoire à la souveraineté nationale, à notre Révolution, ont connu par le passé des tensions et des crispations qui ont donné lieu à des campagnes politico-médiatiques de part et d’autre de la Méditerranée. Mais sans jamais impliquer ouvertement, à un niveau institutionnel aussi élevé, dans un duel à distance, les chefs d’Etat des deux pays.

Les présidents Tebboune et Macron qui donnaient l’impression de filer le parfait amour, d’avoir jeté les bases d’une entente cordiale, ont remisé, à la faveur de cette crise, les «convergences de vues», les propos amènes et élogieux qu’ils s’échangeaient à chaque fois que l’opportunité se présentait d’user mutuellement et à l’envi de l’encensoir. Venant d’un président affublé du statut «d’ami de l’Algérie» ainsi que l’avait qualifié M. Ramtane Lamamra, n’hésitant pas à offrir devant les caméras des accolades et de longues étreintes aux responsables algériens, la saillie de Macron contre l’Algérie et les institutions du pays, s’autorisant des libertés d’analyse et langagières qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé prendre, ne pouvait pas, à l’évidence, rester sans réaction.

La fermeté des propos et des positions exprimées par le président Tebboune ce dimanche, devant la presse nationale, sur la crise entre Paris et Alger et entre notre pays et le Maroc rappelle, au plan du discours, les éléments de langage et la réthorique souverainiste, sans concession, de l’Algérie des années Boumediene. Elle tranche, en tout cas, avec la diplomatie des jeux de coulisses, de l’intermédiation politique étrangère rejetée sèchement par Tebboune, des messages codés utilisés jusque-là par notre diplomatie, privilégiant les gestes symboliques à l’action politique comme ce refus de l’ex-président Zeroual de serrer la main au président Chirac lors d’une Assemblée générale de l’ONU.

Le président Tebboune a innové en l’espèce, en disant tout haut, sans faire dans la dentelle, ce que l’on a toujours pensé tout bas. En refusant tout marchandage. Et en faisant valoir les atouts de l’Algérie et les choix économiques avantageux qui s’offrent à notre pays à travers la diversification de ses partenaires étrangers citant notamment, sans s’encombrer des convenances diplomatiques, l’exemple de l’Italie avec lequel il entrevoit des perspectives prometteuses de coopération et une similitude en termes de modèle économique. Les prochains jours nous diront s’il s’agit d’une option résolue ou d’un effet de marketing politique destiné à la consommation intérieure.


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