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Une onde de choc chez les investisseurs

18 juin 2019 à 10 h 00 min

travers la révolution citoyenne née en février dernier, les Algériens réclament l’instauration d’une véritable démocratie. Une démocratie qui doit être le socle et la matrice d’un Etat de droit et son corollaire naturel, qui est l’indépendance de la justice.

Au lieu de répondre favorablement à cette demande citoyenne claire et légitime, le pouvoir tente de faire diversion. Quoi de plus normal que des affairistes du système Bouteflika soient traduits devant la justice pour des soupçons de malversations ? Nul ne doit être au-dessus de la loi. Ceux qui ont fauté doivent payer.

Il ne s’agit pas de commenter ou de juger les accusations portées contre les hommes d’affaires convoqués par les juges ou mis en détention provisoire. Là n’est pas la question. Le problème est que tout le monde est mis dans le même sac. Les hommes d’affaires doivent-ils être tous voués aux gémonies et à la vindicte populaire ?

Sont-ils tous des prédateurs et des corrupteurs ? La détention préventive, qui devait être une mesure d’exception, est érigée en une banale formalité en foulant aux pieds le principe de la présomption d’innocence. L’exemple de ce qui arrive au patron de Cevital est symptomatique de ce grand amalgame aux conséquences terribles sur l’économie du pays.

L’incarcération d’Issad Rebrab – premier employeur privé du pays et premier contributeur après Sonatrach – est vécue comme un choc par les Algériens qui se lèvent tôt pour produire des richesses ! Sa détention a provoqué un séisme. Et le choix sélectif des hommes d’affaires laisse entendre davantage une démarche de règlements de comptes.

Les créateurs de richesses sont de plus en plus englués dans les craintes et tétanisés par l’intensification des arrestations. Les économistes sont formels : les arrestations des hommes d’affaires ont un impact certain sur l’économie. Alors qu’aucune détente ne semble se dessiner, la crise économique prend une toute nouvelle dimension.

Les investisseurs restent minés par l’escalade des mises en détention préventive dans les milieux économiques. Les économistes pointent «l’effet dévastateur» sur l’économie du pays, surtout que le secteur pétrolier a encore une fois pâti du déclin des cours du brut.

Les investisseurs semblent craindre de nouvelles arrestations et une détérioration de la confiance, principal élément de l’acte d’investir. L’économie va déjà très mal et n’a surtout pas besoin d’un climat d’instabilité et d’angoisses. Le pays risque de se retrouver en faillite avec une économie déjà marquée par une poussée des fragilités et des inquiétudes sur la montée des populismes.

L’accroissement des craintes pourrait retarder la reprise de l’économie et se traduire par de nouvelles déconvenues. Le moral des investisseurs sombre dans l’inquiétude et l’incertitude croissantes quant à une nouvelle escalade des mises en détention et à leurs effets négatifs sur la conjoncture économique.

Une conjoncture qui pose plus que jamais la question de la primauté du droit dans un pays dont la réputation, dans ce domaine, ne cesse de se ternir.


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