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jeudi, 27 janvier, 2022
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Une nouvelle République ?

08 janvier 2020 à 9 h 00 min

Le président de la République et chef suprême des forces armées, Abdelmadjid Tebboune, s’est donc adjugé le portefeuille de ministre de la Défense tout en supprimant le poste de vice-ministre de cette institution, occupé auparavant par le défunt général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah.

Pour les observateurs avertis, cela signifie que le commandement militaire de l’ANP, avec à sa tête le chef d’état-major, le général-major Saïd Chengriha, a opéré un retrait total (définitif ?) de la scène politique nationale. Ce qui devrait laisser au président Tebboune les «coudées franches» pour entamer les réformes politiques et institutionnelles inscrites dans son programme d’action.

M. Tebboune appelle carrément à l’avènement d’une nouvelle République. Ce qui est déjà un projet fort ambitieux, même s’il paraît très ardu à mener sur le terrain, compte tenu des clivages et des «forces de l’inertie» issues du système archaïque et corrompu du régime de Bouteflika. Mais un projet inéluctable et impérieux qui doit répondre aux aspirations de la majorité du peuple algérien, qui exige le démantèlement pur et simple du système.

Le 22 février 2019, plusieurs millions de citoyennes et de citoyens sont sortis dans la plupart des villes du pays pour exprimer leur colère et leur indignation et rejeter la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat. Un homme malade et affaibli derrière lequel se cachait une horde de prédateurs et d’affairistes, aujourd’hui derrière les barreaux.

Les manifestations spectaculaires et pacifiques des citoyennes et des citoyens dans ce que l’on appelle le «hirak» qui se perpétuent jusqu’à aujourd’hui, même après la tenue de l’élection présidentielle, traduisent la non-satisfaction des revendications exprimées depuis plus de 11 mois. Le président Abdelmadjid Tebboune semble avoir pris conscience de la nécessité de récupérer la confiance du peuple algérien lors de la tenue de son premier Conseil des ministres en préconisant «l’instauration d’un nouveau système de gouvernance à travers un profond amendement de la Constitution».

Cependant, le président Abdelmadjid Tebboune ne peut espérer obtenir la confiance des Algériens que si tous les détenus d’opinion sans exclusive sont définitivement libérés. Leur incarcération était en totale contradiction avec les lois du pays.

La libération «au compte-gouttes» de ces détenus ces derniers jours suscite déjà moult interrogations au sein de l’opinion publique. Le nouveau gouvernement se veut pourtant rassurant quant à l’élargissement total des détenus du hirak, une opération qui pourrait prendre «un peu de temps», dit-on.

L’autre chapitre et non des moindres qui attend le nouveau président de la République est celui des finances et de l’économie. Abdelmadjid Tebboune a hérité d’une situation économique et sociale des plus difficiles, à laquelle il doit remédier rapidement avec l’instauration d’un climat des affaires plus serein et attractif.

Autant dire que le Président est attendu sur plusieurs fronts. Sera-t-il cet homme providentiel qui fera sortir l’Algérie de l’ornière ? On le saura dans quelques mois.


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