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Une injustice nommée Drareni

11 août 2020 à 9 h 55 min

La justice vient de jeter l’opprobre sur toute la corporation des journalistes algériens en condamnant Khaled Drareni à 3 ans de prison pour des chefs d’inculpation fallacieux que l’on ne retrouve que sous les régimes totalitaires.

Il est impossible de croire que le jeune journaliste ait eu comme objectif d’inciter à un attroupement non autorisé, il ne faisait que son travail. Et encore moins de vouloir porter atteinte à l’unité nationale. Du pur délire ! Le harcèlement dont est victime Khaled Drareni est d’ailleurs suspect. C’est un professionnel qui a fait ses preuves très tôt. Il a apporté un soutien indéfectible au hirak et a permis de faire connaître nombre de figures de ce grandiose mouvement populaire, qui a fait tomber le régime corrompu de Abdelaziz Bouteflika. Comme les éléments de la «îssaba» (le clan de Bouteflika) sont encore dans les rouages de l’Etat, on comprend un peu mieux les déboires de Khaled Drareni, ainsi que d’autres détenus d’opinion.

Il reste à espérer que le président de la République intervienne pour accorder sa grâce à un jeune citoyen que tout le monde sait absolument innocent des charges retenues contre lui. Abdelmadjid Tebboune a dû d’ailleurs intervenir il y a quelques jours pour faire libérer un journaliste algérien, correspondant de la chaîne d’information France 24, mis sous mandat de dépôt par un juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. On ignore tout de cette énigmatique arrestation et les raisons qui ont abouti à un heureux dénouement.

Une affaire qui a malheureusement encore une fois éclaboussé la justice algérienne. Dans le cadre de la révision constitutionnelle, le Président a consacré d’ailleurs un chapitre conséquent sur la réforme du système judiciaire longtemps décrié par les citoyens et les magistrats eux-mêmes. La condamnation de notre jeune confrère, ajoutée aux révélations fracassantes du directeur général de l’ANEP donnent toute la mesure du drame que vit la presse depuis au moins trois décennies.

La presse libre a ainsi subi les foudres de Belaïd Abdesselam, du général Betchine et des frères Bouteflika. Des arrestations arbitraires de journalistes et des suspensions de journaux, le système des Bouteflika a privilégié l’assèchement financier des titres récalcitrants. Non seulement ces titres n’avaient pas de relations commerciales avec l’ANEP, qui exerce un monopole d’Etat sur la publicité, mais en plus ils ont constaté un retrait de la majorité de leurs clients du secteur privé. L’un d’eux nous avait avoué qu’il recevait constamment des coups de fil du ministre de l’Industrie actuellement en fuite, Abdessalem Bouchouareb, lui rappelant qu’il ne doit en aucun cas donner de la publicité à tel ou tel titre. Autrement, il doit s’attendre à une visite d’inspection des services des impôts. Des sociétés étrangères ont été également menacées par Bouchouareb, lesquelles curieusement ont cédé au chantage.

L’Etat algérien est devant l’obligation de mettre de l’ordre dans tout ce «fatras» qui le discrédite auprès de l’opinion nationale et internationale. Il doit être rapidement au chevet de ce secteur souillé par la pègre et l’argent sale des nouveaux riches et autres corrompus. Le président Abdelmadjid Tebboune a souvent montré l’intérêt qu’il porte à la presse nationale dans son ensemble. Espérons qu’il sera sensible au cas de notre jeune confrère Khaled Drareni, pour qu’il retrouve sa liberté et la chaleur de sa famille.

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