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dimanche, 05 juillet, 2020
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Un bug ?

06 juin 2020 à 9 h 51 min

Les deux principaux partis de l’ancienne coalition présidentielle, le FLN et le RND, ont opéré leur «mise à jour». Les congrès de ces formations, autorisés malgré les règles censées être sévères du confinement, ont donné un résultat des plus inattendus.

Les nouveaux patrons de ces partis ont un lien direct avec l’ancienne «famille régnante». S’agit-il d’un «bug» dans le processus de changement à la tête de ces partis, ou d’une volonté délibérée de permettre à ces figures connues du système de Bouteflika de prendre les rênes de leurs formations ? Le nouveau secrétaire général du FLN, Badji Abou El Fadhel, est un des fervents défenseurs de Amar Saadani, en fuite à l’étranger.

Tout récemment, Abou El Fadhel a dû quitter le plateau d’une télévision privée, car un avocat l’avait fortement désarçonné en l’accusant, lui et Amar Saadani, d’être des membres de la «îssaba». Sans argument aucun, le nouveau secrétaire général du FLN a eu cette réponse peu intelligente, selon laquelle c’est le FLN qui a assuré l’éducation et la santé de l’avocat, faisant délibérément la confusion entre le parti-Etat et l’actuel FLN.

L’ancien ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, élu secrétaire général de l’ancienne machine électorale de Mohamed Betchine, est quant à lui un des courtisans les plus zélés de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. A telle enseigne qu’il a osé une comparaison blasphématoire du Président au Prophète Mohamed (QLSSSL). Une sortie qui lui a valu une volée de bois vert de tous les milieux politiques, ainsi que de nombreux citoyens sur les réseaux sociaux. Les deux nouveaux leaders n’ont pas manqué de signaler à l’entourage du président Tebboune qu’ils avaient soutenu sa candidature.

Ce coup de pouce accordé au FLN et au RND n’a, par ailleurs, pas été du goût du leader du parti islamiste, le MSP. Abderrezak Makri a même fait une déclaration où il appelle à la reprise du hirak dès la sortie du confinement. Une tentative d’OPA sur le hirak qui n’a aucune chance d’aboutir. Ce n’est, tout au plus, qu’un «coup de gueule» d’un nanti du système, qui fait de l’«entrisme» son principal cheval de bataille. Et dans ce cadre, il devra attendre que la Présidence l’appelle pour suivre la feuille de route qui sera tracée.

Le FLN, le RND, le MSP et les autres micro-partis qui gravitent autour du pouvoir en place seront certainement en ordre serré pour assurer une confortable majorité présidentielle à Abdelmadjid Tebboune au sein des instances élues actuelles. Notamment à l’APN et au Sénat, où sera discuté le projet de révision de la Constitution avant de le soumettre au suffrage universel. Sur ce plan, le président Tebboune joue sur du velours, mais il doit en même temps faire face à d’énormes problèmes économiques et financiers dus à la pandémie de Covid-19.

Il ne reste plus à Tebboune qu’à régler définitivement le problème des détenus d’opinion qu’il a hérité de Gaïd Salah. Il a exprimé à un homme politique son intention de faire libérer Karim Tabbou et Samir Benlarbi. On aura un meilleur éclairage dans les jours qui viennent.



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