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samedi, 21 septembre, 2019
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Souffle inextinguible

03 août 2019 à 10 h 00 min

Au milieu du gué et au plus fort de l’été, la révolution continue. Si le régime a pour vocation de régner puis de tomber, le peuple a pour destinée de se relever et de continuer sa marche vers sa libération. Le souffle de la liberté et de la démocratie qui parcourt la rue algérienne depuis près de six mois est aussi inextinguible que le pouvoir en place est irréformable.

Les «mesures d’apaisement» qui devaient accompagner une fausse solution ne sont finalement pas survenues et il était vain de les attendre. Les détenteurs actuels du pouvoir ne peuvent pas envisager une politique d’ouverture en faveur des exigences du peuple après avoir, dans un passé récent, accepté l’idée d’un 5e mandat pour un Président impotent, ignorant le sort et l’existence de ce même peuple.

L’esquisse de «dialogue» de la semaine dernière avait fait croire que les décideurs allaient libérer les accès à la capitale les jours de manifestations, alors même qu’ils continuent à barrer la route à un changement véritable. L’équation politique est ainsi simple à appréhender : un pouvoir ouvertement répressif et un peuple unanimement décidé à imposer la rupture avec l’ordre ancien.

Le caractère historique des événements que vit le pays depuis février dernier est largement établi et admis par tous les analystes et observateurs. Ce n’est pas une lutte entre le chaos et la stabilité, mais entre le progrès historique et la régression à tous les niveaux.

Il n’est nul besoin de beaucoup de clairvoyance pour comprendre que les dirigeants qui préviennent contre des développements chaotiques de la situation sont en fait autrement plus inquiets pour la préservation d’intérêts étroits et immédiats.

Le bal des transferts des fortunes a déjà commencé et ne fera que s’accélérer dans les prochains mois et semaines. Le spectre du chaos, tel qu’il est agité avec insistance, n’est souvent que la fin de l’accès direct et sans contrôle à la rente.

Pour le peuple, dont la majorité a déjà connu le calvaire des privations et du dénuement, les perspectives sont celles de l’émancipation et la certitude que les efforts et le travail ne seront plus absorbés par un système corrompu et injuste.

A l’opposé des exposés élaborés que formulent les nombreux porte-parole du mouvement populaire, l’exigence de ce dernier est simple et concise, mais radicale : le changement. Celui-ci ne peut être enclenché qu’avec le départ de tous ceux qui ont symbolisé et incarné le système auteur de la déroute nationale.

Des personnalités politiques font preuve d’une certaine candeur quand elles réclament des préalables, comme le respect des libertés fondamentales, l’indépendance de la justice, l’accès aux médias lourds… La résurrection d’un improbable rédacteur en chef institutionnel de la Télévision publique ou la transformation des détenteurs d’un pouvoir autoritaire en protecteurs des droits civiques sont des propositions destinées à anesthésier l’opinion en pleine révolution citoyenne.

La libération des détenus d’opinion, une exigence qui ne tolère aucun délai, n’annulera pas les dérives d’un ordre inique et condamné par l’histoire. Le régime en place n’a fait que maintenir la crise avec la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution après la démission forcée de l’ex-Président.

De nouvelles initiatives unilatérales, prises à rebours du soulèvement en cours, vont pareillement compliquer la situation et compromettre les chances d’une consolidation du destin national. La nécessité absolue aujourd’hui n’est pas de concevoir de nouveaux plans dans les arcanes clairsemés du pouvoir, mais d’entendre le cri «authentique» d’un peuple en phase de reconquête de sa souveraineté.


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