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Qui cherche à jeter de l’huile sur le feu ?

14 juillet 2019 à 10 h 00 min

Ce 21e vendredi de contestation populaire avait valeur de test crucial pour jauger les capacités de résilience de la rue à la suite des dernières déclarations enflammées du chef d’état-major de l’Anp, Gaïd Salah, qualifiant sans ménagement de «traîtres à la nation» ceux qui appellent à l’instauration d’un Etat civil à travers le fameux slogan phare des marches populaires «Dawla madania, machi askaria !» (Pour un Etat civil et non militaire).

Le vice-ministre de la Défense avait usé d’un ton particulièrement menaçant à l’encontre des manifestants et de toutes les voix qui se feraient désormais l’écho de ce slogan qui l’a fait sortir de ses gonds, en leur lançant un «dernier avertissement» et en leur intimant l’ordre de rentrer dans le rang. Pour autant, cette politique du bâton brandi par le pouvoir n’a pas produit l’effet escompté.

La mobilisation populaire de ce vendredi, non seulement n’a pas baissé d’intensité par rapport aux précédentes marches en dépit des menaces du pouvoir d’appliquer la tolérance zéro à l’encontre de tous ceux qui oseront scander ce slogan qui fâche le commandement de l’état-major, mais bien plus que cela, cette revendication était ce vendredi omniprésente dans les slogans des manifestants à Alger et dans le reste du pays.

Pourtant, dans ses interventions, le chef d’état-major ne dit pas autre chose que ce que revendique la rue à travers ce slogan livré de manière crue et sans fard politique.

Quand il rappelle les missions républicaines de l’armée, son attachement à la légalité constitutionnelle, quand il se refuse d’impliquer l’Anp dans le dialogue, il ne fait que s’inscrire dans la dialectique d’un Etat civil dans lequel l’armée n’est qu’une institution parmi d’autres au service du peuple et de la République.

Pourquoi alors voir la trahison, alors que la cause semblait faire consensus et est censée avoir été tranchée par la Constitution ? Les compteurs sont à chaque fois remis à zéro dans ce dialogue à distance entre le pouvoir et le mouvement populaire, oscillant entre menace suivie de répression d’un côté et résistance de l’autre.

Même si les manifestations de ce vendredi n’ont pas fait exception à ce qui est devenu une règle depuis plusieurs semaines déjà, à savoir les interpellations qui se multiplient dans les rangs des manifestants brandissant le drapeau amazigh et des activistes du hirak, ce vendredi marque incontestablement un nouveau tournant dans l’organisation des marches et la sécurisation des manifestants. Face aux interpellations, la résistance populaire s’organise.

Filmée à la rue Didouche Mourad, à Alger, cette vidéo qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, montrant une foule déterminée à ne plus laisser les «hirakistes» se faire attraper comme des canards sauvages, délivrant un manifestant ceinturé par un policier qui s’apprêtait à le conduire dans un fourgon cellulaire, est un signe de vitalité de la société face à l’arbitraire.

D’autant que la scène s’est déroulée d’une manière pacifique et sans heurts avec les forces de sécurité. L’opinion publique est choquée et révoltée face à la manière avec laquelle sont interpellés les manifestants au milieu des marches, selon un mode opératoire qui ressemble à un kidnapping.

Des esprits malfaisants qui cherchent le moindre prétexte pour jeter de l’huile sur le feu vont encore cette fois-ci crier au loup en assimilant, avec légèreté, ce geste citoyen à de la désobéissance civile, à un acte d’insoumission, de défiance de l’autorité publique. Il demeure que la loi s’impose à tous. Y compris à ceux qui sont censés la protéger et l’appliquer.


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