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vendredi, 07 août, 2020
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Quelle stratégie énergétique pour l’Algérie ?

02 juillet 2020 à 9 h 08 min

Les experts avertissent que le déclin de la rente tirée du pétrole est structurellement irréversible en Algérie. Les mêmes experts sont unanimes : l’avenir étant indéniablement le gaz, la pétrochimie, l’hydrogène et les énergies renouvelables, la transition énergétique doit être au cœur des projections futures. Le passage progressif du mode actuel de production et de consommation à un nouveau modèle énergétique plus durable, plus économique et plus écologique est nécessaire.

Cela passe par la diversification de la production et des exportations énergétiques. La toute récente loi sur les hydrocarbures n’est pas faite pour sauver le secteur, qui a plutôt besoin d’une réforme visant à encourager concrètement les énergies vertes et réduire drastiquement notre consommation effrénée d’énergie.

Outre la nécessité d’instaurer des incitations permettant une baisse de la consommation domestique, le système des subventions des carburants et de l’électricité est absolument à revoir pour instaurer un outil plus ciblé et plus juste socialement. Le système énergétique actuel doit amorcer une sortie de la dépendance vis-à-vis du pétrole en misant sur l’encouragement des énergies renouvelables, un segment d’avenir qui est malheureusement à la traîne en Algérie. En 2012, un ambitieux plan a été lancé visant une puissance installée d’origine renouvelable de 22 000 MW d’ici 2030.

Affiné en 2015, ce programme vise à permettre de produire 27% de l’électricité à partir des énergies renouvelables d’ici à 2030. Huit ans après, seules 24 centrales photovoltaïques d’une puissance globale de 344 MW ont été installées, soit moins de 1,5% des objectifs visés.

La récente remise à jour de l’accord préliminaire paraphé en 2011 avec les Allemands pour la relance du projet Desertec est l’une des rares grandes opportunités qui s’offrent à l’Algérie.

Le pays étant le 10e producteur et le 6e exportateur de gaz naturel au monde, l’industrie gazière pourra jouer un rôle de premier plan. Les centrales à gaz à cycle combiné s’avèrent nécessaires, car le gaz naturel et le biogaz pourraient apporter une contribution essentielle pour développer les énergies renouvelables, le gaz étant disponible lorsque le soleil ne brille pas.

Ceci n’est toutefois valable que pour l’énergie conventionnelle, car le gaz de schiste ne pourra jamais prendre le relais, en témoigne la grave crise existentielle qui le secoue actuellement, y compris dans son fief aux Etats-Unis. Une crise qui a d’ailleurs donné raison aux nombreux Algériens qui se sont opposés, ces dernières années, à l’exploitation de cette ressource non conventionnelle, qui constitue un grand danger pour l’environnement et la santé des populations.

Enfin, l’autre enjeu est d’ordre géopolitique : outre la nécessité de sauvegarder les parts de marché sur les exportations de gaz par gazoduc vers l’Espagne et l’Italie, et sur le segment de GNL vers la France et la Turquie, il sera judicieux de diversifier les exportations de gaz, par exemple vers la Pologne et la Lituanie, qui cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Russie.

L’Europe du Nord, l’Allemagne et l’Ukraine veulent aussi remplacer le charbon par le gaz, qui pourra être largement fourni par l’Algérie.



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