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Quelle riposte face à l’ordre établi ?

01 juillet 2019 à 10 h 00 min

La douloureuse question de l’emblème amazigh traqué par les autorités ne s’est pas estompée qu’une autre affaire surgit sur la place publique suscitant émoi et inquiétude : l’incarcération de Lakhdar Bouregaâ, commandant de la Wilaya IV historique, membre fondateur du FFS, opposant politique depuis l’indépendance, emprisonné et torturé sous le règne de Boumediène.

C’est une autre grave entorse à l’histoire et à l’identité nationales qui vient d’être commise, en même temps qu’une lourde atteinte à la liberté d’expression. Lakhdar Bouregaâ n’a émis qu’un jugement sur les événements en cours, comme le font, au demeurant, des millions d’Algériens et bien entendu des hommes politiques et des experts. Son propos ne pouvait justifier la remise en cause de son parcours historique (par la Télévision publique) et bien entendu son incarcération et de lourdes accusations.

Se dévoile donc une autre facette de la stratégie des tenants du pouvoir : la répression de toute forme de critique et de remise en cause de la ligne suivie, jusque-là, par eux, depuis le 22 février dernier, spécialement par l’état-major de l’armée qui, par la voix de son chef, s’est imposé comme pouvoir réel.

Semaine après semaine, celui-ci décline et balise sa feuille de route qui consiste à diriger le pays vers une élection présidentielle sans le passage par une période transitoire, avec les hommes et les structures de l’ancien système. Une première fois, le scrutin devait se tenir en avril, puis une deuxième fois le 4 juillet, mais il fut annulé faute de candidats et d’adhésion populaire.

La présidentielle est alors programmée pour la fin de l’année en cours, avec toujours la même démarche. Mais entre-temps, la riposte politique s’est organisée, galvanisée par le mouvement citoyen qui, inlassablement, occupe les rues des villes et villages d’Algérie, avec un seul cap : une nouvelle République sans aucun compromis avec les résidus du règne Bouteflika.

Le hirak exige, dénonce et déjoue les provocations des services de sécurité qui montent en cadence semaine après semaine : arrestations musclées, mandats de dépôt, arrachages de l’emblème amazigh, bouclage des entrées de la capitale les vendredis…

Les arrestations ciblent aussi bien des hommes politiques que de simples citoyens, certains conduits vers les prisons où croupissent depuis des mois des personnalités politiques de premier plan, placées en détention préventive, à l’image de Louisa Hanoune, des généraux Benhadid et Hassan, etc. Sur la question du port du drapeau amazigh, 16 manifestants, dont une élue, ont été mis sous mandat de dépôt.

Obsédées par la seule tenue d’une élection présidentielle, les autorités n’ont jusque-là tendu aucune perche à l’opposition politique et à la société civile, ce qui a fini par bloquer le pays, avec de graves dégâts collatéraux au plan économique. Les investisseurs, tant nationaux qu’étrangers, sont en stand-by, les entreprises publiques et privées souffrent du blocage de la croissance.

Le chômage empire et le pouvoir d’achat s’érode dangereusement sur fond de faillite généralisée des finances de l’Etat. Ces multiples périls ont conduit la société civile et l’opposition à tenter de trouver des moyens de riposte et programmer des rencontres qui se veulent larges et consensuelles, c’est-à-dire qui transcendent les clivages traditionnels.

L’essentiel, dans l’urgence, est d’aboutir à une plateforme politique, voire un front commun face à un pouvoir politico-militaire qui ne fait aucun cadeau, fonçant tête baissée sans se soucier des dégâts, l’essentiel pour lui étant de dégager rapidement pour le pays un Président qui préserve l’ordre politico-militaire ancien.

Ces rencontres dites de riposte se tiendront sur fond de célébration de la Fête d’indépendance et probablement du plus grand hirak depuis le 22 février. La forte symbolique du 5 Juillet et la puissante volonté populaire feront-elles échouer la sombre tentation totalitaire des dirigeants ?


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