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vendredi, 20 septembre, 2019
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Pyromanes autistes

26 février 2019 à 9 h 30 min

Après les manifestations populaires du 22 février à travers le pays et celle du dimanche qui a suivi dans la capitale, il est devenu évident pour tous que le mur de la peur est tombé sous la poussée de la colère des jeunes et des moins jeunes, des femmes et des vieillards. Il est de plus en plus probable que les choses ne s’arrêteront pas là.

Beaucoup pensent qu’il y a d’ores et déjà un avant et un après 22 février. Plus qu’une colère passagère, c’est un véritable cri du peuple dénonçant l’immobilisme dans lequel a été plongé le pays dans tous les domaines, d’abord à travers le rejet d’un 5e mandat pour Bouteflika. Tout, au contraire, indique que la mobilisation ne s’arrêtera pas là si l’on se réfère aux appels à un nouvel épisode, vendredi prochain, ou encore ceux exhortant les étudiants à manifester.

L’entêtement du système à vouloir «sauver le régime», en reconduisant un président de la République malade, très diminué, absent de la scène politique depuis 2014, les contorsions effrénées des «danseuses du ventre» et des zélés laudateurs, supporters invétérés du statu quo, ne font que renforcer le sentiment de rejet populaire.

L’entêtement du système – comme avant, dans la tradition des plus autoritaires, comme s’il ne s’était rien passé à travers le pays ces derniers jours – est tout simplement sidérant.

D’autant qu’on ne peut que difficilement admettre qu’avec tous les appareils à sa disposition – Renseignements généraux, services de renseignement et de sécurité qui «fliquent» les Algériens au quotidien – il n’ait rien vu venir, alors que la colère sourdait depuis des semaines, pour ne pas dire des mois. Un système «bête», autiste et, plus surprenant encore, totalement incompétent.

Même en brandissant le spectre d’un retour du chaos généralisé, si l’on venait à s’opposer à la reconduction de Bouteflika, agité par les flagorneurs en tout genre, qu’ils soient à la tête de l’UGTA ou du FLN, cela ne suffit plus à dissuader tous ceux qui pensent que le système a fait son temps, qu’il est comptable aujourd’hui devant l’avenir et les générations futures de toutes les occasions ratées du pays avec le développement et le bien-être de la majorité des Algériens.

Et que, malheureusement, on ne peut compter à son actif que corruption, misère et précarité, services publics de santé et éducatifs totalement déglingués. En d’autres termes, le chaos ou ce qui s’y apparente depuis des décennies.

Encore une fois, par leur insistance, ces encenseurs du système sont, eux et eux seuls, les apprentis sorciers qui ont recours à l’intimidation, la menace – comme l’a fait dernièrement le Premier ministre, qui oublie qu’il fait partie d’un régime que le système à bout de souffle veut «vendre à tout prix» aux Algériens en 2019 – entretenant par la même la crainte d’un retour du terrorisme et des pires moments de leur histoire récente.

L’officialisation de la candidature du Président sortant, pour un 5e mandat, face à une mobilisation populaire appelée à s’élargir et à prendre de l’ampleur qui n’en veut plus, ouvre la voie à imaginer les pires scénarios. Alors que la solution la plus sage serait le retrait.


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