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Pour une transition crédible

14 mars 2019 à 10 h 00 min

Alors que tous les Algériens attendaient du retour Bouteflika de Genève un geste fort à la hauteur des espérances de la mobilisation citoyenne observée depuis plus de trois semaines, celui-ci a répondu par la ruse et avec le mépris qu’il a toujours affiché envers «son» peuple. Face à la revendication de rejet d’un 5e mandat, revendication unanimement partagée par les millions de citoyens qui sont descendus dans les rues de toutes les villes du pays, notamment le 8 mars, le Président «sortant» n’entend pas se retirer du pouvoir dignement.

Bien au contraire, il vient d’offenser, une fois de plus, les Algériens en décidant de prolonger son mandat actuel, piétinant au passage la Constitution. L’homme, qui se veut «providentiel» et dont les zélés thuriféraires s’acharnent à vouloir convaincre tout le monde qu’il jouirait encore de toutes ses capacités, pousse encore plus loin le cynisme, jusqu’à affirmer qu’il renoncerait à se représenter une 5e fois.

Il n’en fallait pas plus pour faire dire à des manifestants, avec un certain humour noir que l’on ne soupçonnait pas chez les Algériens : «Nous avons demandé des élections sans Bouteflika, on a eu Bouteflika sans élection.» Le plus grave et le plus inquiétant à la fois, c’est que sans que l’on sache pour combien de temps. Sans doute une présidence à vie, comme l’ont fait remarquer certains, qui voient chez l’homme malade une dernière ressource à faire preuve encore d’un sombre machiavélisme pour arriver à ses fins : mourir au pouvoir.

Avec la foi d’un bonimenteur invétéré, Bouteflika fait miroiter une grande supercherie, un mélange de promesses : une nouvelle Constitution, une nouvelle République, des élections propres et même une société idyllique, ne réalisant malheureusement pas qu’il est trop tard pour sauver son régime. Des promesses qu’il ne pourra pas tenir et qui nécessiteront plus que son mandat pour être menées jusqu’au bout.

Car lui et son clan entendent garder la haute main sur le processus qu’ils proposent et s’assurer de toutes garanties pour l’avenir. Ils n’ont pas compris que la partie est bel et bien finie et que «l’offre» qu’ils adressent aux Algériens est insuffisante et vient trop tard.

Les manifestations,  mardi et mercredi derniers, des étudiants, des enseignants et des magistrats se voulaient une réponse, une fin de non-recevoir à cette dernière offre fumeuse qui émane du pouvoir. D’ores et déjà, elle est vouée à l’échec, parce que viciée au départ et qu’elle va à contre-courant de l’histoire que des millions de citoyens sont en train de faire.

Sans le départ du régime de Bouteflika et de tout ce qu’il incarne, le système aura du mal à mettre en place les mécanismes de transition et à trouver les hommes intègres et des personnalités crédibles susceptibles de la mener à son terme, tant la suspicion est grande chez les citoyens à l’égard de tout ce qui vient de l’actuelle présidence de la République. Car entre les demandes des Algériens qui sont sortis dans la rue depuis le 22 février et les louvoiements du régime autoritaire de Bouteflika, il y a aujourd’hui un point de rupture. Tous ceux qui vont sortir demain vont le prouver.


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