Perversions judiciaires et revendications démocratiques | El Watan
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mardi, 20 octobre, 2020
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Perversions judiciaires et revendications démocratiques

01 octobre 2020 à 10 h 38 min

En ces temps de confinement, d’activités au ralenti, la machine judiciaire tourne paradoxalement à plein régime, sans respect des formes et éloignée souvent des procédures légales.

Un fonctionnement perverti et encore plus difficilement acceptable par la justification exceptionnelle de pandémie due au coronavirus que connaît le pays. Une situation qui n’a pas manqué de soulever protestations et critiques des corporations, comme celles des avocats, soucieux du respect des droits de la défense, ou encore des journalistes, particulièrement ciblés, à travers le cas inique de Khaled Drareni, appuyées par la solidarité agissante des citoyens, de partis démocratiques et de segments de la société civile.

Une mobilisation laborieuse, mais toutefois prometteuse en dépit des conditions imposées par la situation sanitaire. A l’image du mouvement des avocats intervenu en début de semaine, appelant à une grève nationale de deux jours, ou encore ce second rassemblement de lundi dernier des journalistes et des citoyens à Alger, plus précisément à l’intérieur de la Maison de la presse en protestation contre la condamnation injuste de Khaled Drareni à deux ans de prison ferme.

Ces actions de contestation citoyenne viennent dans le prolongement de ce vaste mouvement populaire déclenché le 22 février 2019, tout aussi contestataire à l’égard du système politique et de ses pratiques anti-démocratiques dans la conduite des affaires du pays…

Parmi toutes les dérives fustigées depuis les premiers jours de cette protesta populaire, celle d’une justice aux ordres, «instrumentalisée» par le régime corrompu de Bouteflika au profit des intérêts affidés, est revenue comme un leitmotiv au cours des manifestations citoyennes pacifiques qui ont rythmé le quotidien des Algériens avec les pulsations du «hirak». C’est dire combien l’aspiration à une justice indépendante est profonde dans la conscience des citoyens et largement partagée du simple justiciable à l’homme de loi qu’est l’avocat et, parfois même, le magistrat. Ce rejet d’une justice aux ordres est ressenti à l’intérieur même de l’appareil judiciaire par ceux qui sont chargés d’appliquer la loi, il est encore plus fort tant ils sont conscients qu’ils sont à la merci d’un système autoritaire.

Et qu’en dépit du changement de régime, les pratiques tout aussi autoritaires sont toujours présentes. Ces rapports de soumission intériorisés encore vivaces pervertissent le fonctionnement de la justice de haut en bas, placée dès lors sous l’autorité du politique, ou plutôt de l’Exécutif. Si d’aucuns suggèrent à juste titre de rompre avec cette vision incongrue qui fait du président de la République, le premier magistrat du pays, une perception à l’origine de cette perversion de l’indépendance de la justice, c’est sans doute pour éviter que ne se produisent de telles dérives.

Comme on a pu le constater avec la «sentence» prononcée par le président de la République dans le cas de Khaled Drareni avant même que la justice ne se prononce, de manière définitive, remettant ainsi en cause le principe universel de la présomption d’innocence. Un précédent très grave et compromettant pour le fonctionnement démocratique des institutions de la République.

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