Maturité politique | El Watan
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samedi, 21 septembre, 2019
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Maturité politique

25 août 2019 à 9 h 36 min

Si l’on devait tirer un enseignement, parmi tant d’autres, de cette fièvre de liberté qui s’est emparée du peuple algérien depuis plus de six mois, c’est sans aucun doute cette aptitude à résister à la canicule estivale, à la fatigue, aux provocations policières et au harcèlement en tous genres qui tentent de le contrarier, de le détourner de ses objectifs.

Vendredi dernier, en effet, les Algériens ont encore prouvé que leur détermination à poursuivre coûte que coûte leur mobilisation au quotidien était intacte. Rien ne saurait les décourager, pas même le drame qui s’est déroulé avant l’ouverture du concert du rappeur Soolking, considéré par beaucoup comme le porte-voix du hirak. Un hommage appuyé aux victimes de ce tragique événement leur a été rendu avec dignité plus d’une fois, en divers points de la capitale, par les manifestants qui dénonçaient par la même l’incurie des responsables et des gouvernants.

L’histoire retiendra, sans aucun doute, que les Algériens ont fait preuve d’une endurance inédite, à l’instar des Soudanais, «tombeurs» du dictateur Omar El Béchir. Une endurance qui laisse présager une rentrée encore plus chaude que les précédentes, parce qu’elle ne sera pas seulement, comme à l’accoutumée, exclusivement sociale, mais aussi politique cette fois, avec la présence sur la scène nationale d’un mouvement de contestation massif, porteur d’une exigence de rupture avec le «système» pour sortir le pays de la crise dans laquelle le régime de Bouteflika et ceux qui l’ont précédé l’ont enfermé depuis des décennies. Une contestation de masse qui ne cesse de réclamer une solution qui ne peut être que politique et non pas exclusivement «constitutionnelle», à savoir la tenue dans des délais les plus rapprochés d’une élection présidentielle. Ce que le pouvoir «réel» incarné par le chef d’état-major de l’armée s’est évertué à «vendre» à d’autres sphères de la société civile et politique, sans céder sur le reste ni faire la moindre concession face aux attentes des citoyens.

Mais d’un autre côté, quelle belle leçon de maturité politique est administrée par ceux qui manifestent à travers le pays, depuis plusieurs semaines, face aux tentatives de division, de faux clivages et par conséquent de diversion ! Ils clament à leur manière qu’ils sont conscients de ce que vivre ensemble veut dire en restant unis sur l’essentiel : le départ du système et des résidus de l’ancien régime.

Dès lors, toute tentative de recomposition de l’ordre ancien par un biais ou un autre est rejetée par la volonté populaire. Il en est ainsi de l’initiative de dialogue pilotée par le panel que préside Karim Younès, qui semble non seulement avoir intégré la feuille de route du pouvoir, mais est aussi disposé à discuter avec les tenants de l’ancien régime, responsables de la crise et de ses dérives «absolutistes» qui ont permis à un clan de prendre en otage tout un pays avec la complicité d’une oligarchie qui leur était inféodée. On comprend aisément que tant que les conditions d’une alternance démocratique n’auront pas été réunies, les Algériens ne veulent pas courir le risque, une seconde fois, d’avoir affaire à l’autoritarisme d’une personne, d’une famille ou d’un groupe d’individus.


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