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Malheureuse comparaison

03 mars 2019 à 10 h 00 min

Vendredi, le peuple algérien dans son ensemble a suscité l’admiration dans le monde entier pour ses manifestations exemplaires.

Des moments rares au cours desquels il s’est montré très digne, avec un sens élevé de civisme et un comportement citoyen qui lui valent respect et considération, même chez ceux qui le connaissent à peine ou pas du tout. Or, il semble que des responsables algériens n’éprouvent pas les mêmes sentiments de déférence à l’égard de ce peuple et le considèrent même comme immature.

C’est le cas du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui, pourtant, connaît très bien son pays, parce que lui-même issu du milieu populaire et dont personne ne doute de ses capacités intellectuelles. Jeudi, devant l’Assemblée populaire nationale, il s’était livré à une comparaison pour le moins surprenante, au point de provoquer la colère de certains élus qui ont alors quitté l’hémicycle en signe de protestation.

Il avait en effet déclaré que les manifestations en Algérie pourraient déboucher sur une situation similaire à celle de la Syrie. Dérapage ou menace ? On sait comment ce pays en est arrivé à la guerre civile et à l’éclatement, au point qu’une grande partie du territoire a été proclamée «califat» par Daech. Tout a démarré de la ville de Hama en 2011. Des jeunes, dont le plus âgé avait 12 ans, avaient écrit sur les murs des slogans hostiles au régime de Bachar Al Assad.

La police secrète les a ramassés et torturés sauvagement jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Les patriarches de la ville se sont rendus chez les Moukhabarat pour protester. La réponse de ces derniers a été d’une incroyable indécence : «Vous pouvez faire d’autres enfants, et si vous n’êtes pas en mesure de procréer, nous sommes là pour vous remplacer.»

Des propos provocateurs qui ont mis le feu aux poudres et qui ont transformé la Syrie en enfer pour sa population. L’exemple d’Ouyahia est mal choisi. D’abord, les services de sécurité algériens, même s’ils ne sont pas des enfants de chœur et qu’il leur arrive d’agir de façon extra-légale, ne méritent pas d’être comparés aux tortionnaires de Bachar Al Assad. C’est insultant à leur égard que de faire le parallèle.

En outre, la colère du peuple algérien n’a pas commencé dans une petite ville. Tout le pays s’est soulevé. C’est la politique de pourrissement, de corruption, de destruction de l’Etat menée par Abdelaziz Bouteflika, qui a incité les Algériens à sortir pour défendre leur pays. Ce n’est pas gratuitement qu’ont été sorties vendredi des banderoles proclamant que «l’Algérie est une République, pas une monarchie». Parce qu’ils savent que le Président avait caressé le projet de préparer son frère Saïd pour lui succéder. La maladie l’en a empêché.

Vendredi, le peuple algérien, par une démonstration historique dans toutes les villes, a prouvé son unité et son attachement à l’Algérie du 1er Novembre. Le pays a subi des coups de boutoir et une opération de destruction par le FIS. Il est toujours là. On est loin de la Syrie.

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