L’ornière de l’assistanat | El Watan
toggle menu
dimanche, 25 octobre, 2020
  • thumbnail of elwatan05102020





L’ornière de l’assistanat

17 octobre 2020 à 10 h 44 min

En plus d’impliquer des changements politiques en profondeur, une révolution comme celle vécue en Algérie depuis février 2019 est censée induire des évolutions au niveau sociétal.

Contrairement à l’idée communément répandue, une rupture avec l’ordre politique établi n’est pas synonyme d’un redémarrage immédiat et quasi mécanique dans tous les secteurs de la vie nationale. Il faut, à la base, un investissement individuel et collectif pour imprimer une vraie dynamique de redressement, d’épanouissement social et économique qui est l’enjeu premier de tout mouvement populaire. Un système démocratique, qui est la finalité proclamée de la révolution, est, d’abord et avant tout, le moyen le plus sûr pour garantir une répartition équitable des richesses et le meilleur instrument pour en impulser la production.

La lutte contre la corruption véhicule l’objectif essentiel de mettre fin à la misère et au dénuement imposés au plus grand nombre et à stopper une paupérisation fabriquée de toutes pièces. Ce chapitre est globalement détourné par les autorités actuelles qui le transforment en séquences d’humiliation publique et de mise à mort symbolique d’anciennes personnalités dont le spectacle affligeant devant les tribunaux s’ajoute aux innombrables traumatismes subis par les Algériens ces trente dernières années. Si le pouvoir se complaît encore dans ses vieilles méthodes de conditionnement de l’opinion avec l’effet d’un coup d’épée dans l’eau, la société, de son côté, n’est pas prête à se départir de ses travers et de ses pesanteurs qui sont les premiers obstacles à sa propre émancipation.

L’assistanat a encore la vie dure. Dans deux actions de protestation sur trois, les revendications sont liées à la «prime Covid». La pandémie est ainsi monétisée et encaissable. Or, elle devait amener à des reconversions d’activités, un retour à des métiers qui peuvent avoir la précieuse caractéristique d’être productifs.

On bloque parfois une administration ou un service pendant 15 jours pour obtenir le versement d’un pécule couvrant les dépenses d’une semaine. L’extrême rigidité de l’emploi, dans les textes et dans les esprits, fait que des agents de sécurité veulent le rester à durée indéterminée, dans un secteur de plus en plus numérisé, au moment où des terres sont en attente d’exploitants et d’une industrie de transformation.

Dans un monde où les syndromes viraux sont en perpétuelle mutation et les regroupements durablement contre-indiqués, des propriétaires de salles et de locaux, de diverses natures, veulent être indemnisés et soutenus par l’Etat pour poursuivre une non-activité.

L’acquisition de métiers à tisser résoudrait pourtant la question de la rentabilité et offrirait au marché national un produit meilleur que celui importé. Il est arrivé qu’une entreprise publique économique soit paralysée pendant près d’un mois pour réclamer une part des bénéfices pour les employés, lesquels avaient observé trois jours de grève par semaine pendant l’année du «hirak».

La propension à la protestation exacerbée et à la grève endémique, en réduisant le temps d’un travail soutenu, ne manque pas de décliner très rapidement ses conséquences. Concomitamment au marasme économique, la baisse du niveau scolaire et le déclassement universitaire sont pareillement inévitables.

Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!