Les «3B» à la trappe ! | El Watan
toggle menu
lundi, 20 mai, 2019
  • thumbnail of 20190520

Les «3B» à la trappe !

06 avril 2019 à 9 h 00 min

Djoumouaa hassima» (Vendredi décisif) : tous les espoirs des millions d’Algériens, mobilisés depuis le 22 février à travers l’ensemble du pays, étaient portés sur ce 7e week-end de manifestations populaires, dont il est attendu un déclic heureux et salutaire pour sortir de l’impasse institutionnelle dans laquelle Bouteflika a plongé le pays.

La lettre d’adieu aux Algériens prêtée à l’ancien Président, dans laquelle il s’épanchait en bons sentiments et en qualificatifs flatteurs pour exprimer l’amour, le respect et les vœux de bonheur, de prospérité et de paix pour le peuple algérien, aurait certainement trouvé un écho enthousiaste auprès des Algériens s’il était parti en laissant un pays apaisé, des institutions républicaines légitimes et fortes, capables de «survivre aux hommes et aux événements», et d’assurer une succession et une alternance au pouvoir de manière civilisée et démocratique.

Il y a quelque chose de surréaliste, de malsain, voire de satanique dans cette inclination de Bouteflika à vouloir imposer au peuple algérien le strict respect de la Constitution, dont il découvre à la fin de son long règne les vertus, après l’avoir foulée aux pieds, triturée pour assouvir d’insatiables ambitions de pouvoir ! Depuis l’activation de l’article 102 de la Constitution qui a poussé Bouteflika à la démission sous la contrainte de la rue et avec le précieux concours de l’armée conformément à ses missions constitutionnelles, le pays est déjà installé dans un nouvel état d’esprit, celui de l’après-Bouteflika, de rupture avec le système.

Les manifestants qui sont sortis hier, vendredi, également par millions et avec un sentiment de plus en plus fort que la victoire est non seulement certaine, mais toute proche, l’ont bien rappelé dans leurs slogans constamment mis à jour, en appelant à jeter aux oubliettes l’article 102 qui ne correspond désormais plus, à leurs yeux, aux exigences de la nouvelle étape qui impose d’aller rapidement et sans tergiversations vers l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, qui stipulent que «le peuple est la source de tout pouvoir».

Ceux qui cherchent, pour des objectifs inavoués mais dont on devine aisément les desseins, à entraîner le pays dans un faux débat de conformisme constitutionnel pour dégager un pouvoir qui a fait du déni constitutionnel sa marque de fabrique, savent qu’ils mènent un combat d’arrière-garde face à la détermination et à la maturité politique du peuple algérien qui a recadré opportunément le débat en concentrant ses feux sur le départ des «3B» (Bensalah, Bedoui et Belaïz) pour engager la transition démocratique sur des bases saines, débarrassées de toutes les aspérités et restes résiduels du système.

L’institution militaire qui s’est engagée, dans le dernier message de l’état-major, à accompagner le mouvement populaire jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications, avait besoin du test de ce premier vendredi de vacance de pouvoir, de la réponse de la rue pour légitimer vis-à-vis de ses détracteurs son soutien à la contestation populaire.

De la même façon, celle-ci ne peut pas objectivement lui tourner le dos au nom d’un antimilitarisme primaire dans cette conjoncture particulière et pour une mission que tout le monde souhaite qu’elle soit tout aussi précise, ponctuelle et républicaine. «Armée-peuple, khaoua khaoua», «Le peuple veut un Etat civil» : ces deux slogans relevés hier sur des banderoles de manifestants résument clairement le rôle et la place de l’armée dans cette phase de transition et dans l’Algérie refondée de demain.

Lire aussi

Loading...

Related Post

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!