Le test de la légitimité | El Watan
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mardi, 11 mai, 2021
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Le test de la légitimité

02 novembre 2020 à 10 h 02 min

Le scénario prévu par tous les observateurs impartiaux pour le référendum sur le projet de révision constitutionnelle d’hier, dimanche 1er novembre, s’est concrétisé dans toutes ses projections : désaffection des urnes, boycott massif, quasi total dans certaines régions du pays, principalement dans les wilayas de la Kabylie (Tizi Ouzou, Bouira, Béjaïa), où des urnes ont été saccagées et brûlées la veille du scrutin, suivies, le jour du vote, par des manifestations populaires et des cérémonies de recueillement et de dépôts de gerbes de fleurs devant les stèles des carrés des martyrs de la Guerre de Libération nationale en commémoration de l’anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954.

Une manière de se démarquer de ce rendez-vous électoral, contesté et rejeté par une partie de la population, en restituant à cette journée historique sa profondeur révolutionnaire, tout en considérant le vote d’hier comme un non-événement.

Sur les plateaux de la télévision publique et des chaînes privées parapubliques, les «analystes politiques» coutumiers se sont relayés toute la journée pour ressasser le même discours relativisant la faiblesse de la participation électorale imputée à la situation sanitaire qui a empêché, selon eux, la mise en œuvre d’une campagne électorale d’explication et de sensibilisation persuasive pour convaincre les citoyens de se rendre massivement aux urnes, tout en fustigeant les campagnes antiréférendum de l’opposition.

La maladie subite du président Abdelmadjid Tebboune, transféré dans un hôpital allemand pour des soins intensifs suite à sa contamination à la Covid-19, a ajouté, selon les mêmes observateurs, au climat électoral délétère qui a présidé à la tenue de ce référendum, induisant une démobilisation de l’électorat acquis au projet politique de Tebboune en proie au doute, à la suite de sa maladie, quant à la survie de son projet politique sanctuarisé dans les amendements introduits dans la nouvelle mouture de la Constitution révisée.

Si tant est que ces arguments puissent expliquer le désert électoral enregistré à l’occasion du scrutin d’hier, pourquoi alors le pouvoir et ses centres de prospectives politiques, qui savaient qu’ils se dirigeaient droit dans le mur, ont refusé d’admettre cette évidence et n’ont pas envisagé de surseoir ou d’annuler ce scrutin, qui accentue la division plutôt que le rassemblement des Algériens, comme on le constate avec les résultats du référendum d’hier ?

En attendant les résultats définitifs consolidés de ce scrutin, les premiers enseignements que l’on peut tirer à la lumière des chiffres de la participation – le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), Mohamed Charfi, a annoncé un taux de participation de 13% dans un point de presse organisé en milieu d’après-midi – est que l’esprit du hirak a fortement dominé et imprégné le déroulement de ce scrutin, contribuant largement au spectacle de désolation constaté dans les bureaux de vote. Même les scènes de bousculades habituelles organisées par le pouvoir à des fins de propagande n’ont pas pu être mises en valeur cette fois-ci compte tenu du contexte politique ambiant et de l’hostilité manifestée pour ce scrutin.

A la différence du scrutin présidentiel, outre les voix des partisans du hirak qui ont manqué naturellement au décompte des opérations de dépouillement, sous l’effet d’un boycott de conviction et d’action, il faudra ajouter toutes les voix des déçus de ce début de mandat de Tebboune qui ont voté pour lui le 12 décembre dernier et qui n’ont pas perçu les signes de changement et la concrétisation de ses promesses électorales.

Aussi bien dans la gestion de la crise que dans le contenu des amendements constitutionnels ; certaines dispositions, à l’instar de l’implication de nos soldats dans des opérations de «maintien de la paix» à l’extérieur, ont eu un effet repoussoir sur cet électorat dans un sursaut de patriotisme de dernière minute, qui peut évoluer et muer vers une position de radicalité vis-à-vis du pouvoir.

L’analyse des votes négatifs et des bulletins nuls permettra d’affiner un peu plus les résultats de ce référendum pour situer objectivement le niveau de légitimité populaire dont jouit la nouvelle mouture de la Constitution, et à travers elle, celle du président Tebboune. Le référendum d’hier s’impose à lui comme un premier test de vérité, de légitimité et de popularité depuis son intronisation à la tête de l’Etat.


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