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Le système contre l’Etat

13 octobre 2019 à 9 h 00 min

Encore une fois, la révolution populaire pacifique a prouvé, dans sa constance, sa détermination et son désir irréversible de changement.

Toutes ces masses, à travers le pays, qui ont en commun depuis 8 mois ce sentiment ambivalent d’angoisse et d’espoir en l’avenir, ne veulent pas vivre sous le joug des mêmes pratiques et des mêmes hommes, qui après avoir fait le dos rond, se sont redéployés pour prétendre encore, suprême provocation, aux commandes du pays ! Sans doute les révoltés ont-ils fait leur cette sentence de Montesquieu : «Il n’y a pas mal plus grand et des suites plus funestes que la tolérance d’une tyrannie qui la perpétue dans l’avenir.»

La Constitution n’étant plus consensuelle depuis qu’elle a été violée impunément, causant un grave préjudice à la communauté victime des dérives et de l’usage qui en était fait ; la plus infamante étant la tendance croissante au despotisme que certains appelaient par dépit et par dérision la «République monarchique» qui a fini par voler en éclats.

Des partis marche-pied, qui n’avaient d’autres programmes que celui virtuel du régnant qui les a fait rois, et dont les seuls faits d’armes ont été la corruption, les combines et la prédation et pour certains la cocaïne !

Un spécimen fort édifiant, celui d’un parti microscopique dirigé par un parachuté adorateur zélé de «cadre» et cachiriste avéré, maintenu à la tête de ce parti en dépit de l’opposition de ses nombreux adversaires, qui se présente à la magistrature suprême et qui déclare sans rire que même avec des suffrages de 5%, ses semblables et lui auront la légitimité pour gouverner. Summum de l’inconscience et de l’irresponsabilité donnant à voir le mépris que cet individu a vis-à-vis du peuple !

Normal, pour un «phénomène» issu du système pourri, qui a gangrené l’Etat. Avec une justice aux ordres, des Assemblées croupions, devenues des chambres d’enregistrement, sans avoir eu à auditionner, même pas une fois, le Président déchu tout au long de ses 20 ans de règne !

Aujourd’hui, le malaise persiste dans les prétoires, puisque les avocats interpellent les juges au motif qu’ils n’ont plus de repères dans le fonctionnement de la justice, au vu de certains dépassements ou lenteurs dans le traitement des dossiers, notamment ceux des détenus d’opinion !

On sait désormais où nous a menés la présidentialisation outrancière du régime et de son ordonnateur, qui interfère dans tout, jusqu’à rendre tous ses collaborateurs et ministres de simples comparses, mais qui semblaient s’accommoder de cette humiliante posture.

La loi n’est jamais si forte que lorsqu’elle opprime, jamais si faible que lorsqu’elle protège, dit-on. Mais force reste à la loi. Cependant, l’histoire nous a appris que la force reste à celui qui détient le pouvoir d’ordonner, que la loi le lui reconnaisse ou pas !

Peut-on réellement aller aux élections, dans un climat aussi tendu fait de peur et de terreur ? «Parce que le peuple est source de pouvoir», je vais voter, dit le slogan.

Quid des revendications de ce même peuple souverain qui n’ont pas été entendues !

Aussi, on n’est pas sûrs que des élections rendraient sa dignité à la République. Les millions de citoyens qui sortent chaque semaine réclament le changement, estimant que le système et ses pratiques mafieuses s’est dangereusement éloigné du pays réel, devenu un Etat dégradé.

La société recherchée par la majorité doit être fondée sur la justice qui veille à la séparation et à l’équilibre des pouvoirs, non pas celle qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres, en exacerbant les tensions et les divisions.

En somme, un Etat de droit cloué au pilori, l’oligarchie régnante a montré jusqu’où son «massacre» pouvait aller, entraînant le pays dans un véritable psychodrame national. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que ce système honni se regénère graduellement et, ironie de l’histoire, tente de discréditer ceux qui le dénoncent !

Le peuple est pour des élections propres, sans ces résidus qui continuent à entretenir la confusion entre le pouvoir et l’Etat.

Dans tous les cas, il faut tenir compte de l’intelligence de l’opinion publique et de sa capacité insoupçonnée de résistance à l’info délivrée par des médias qui n’acceptent pas un autre son de cloche et qui de ce fait s’éloignent du professionnalisme requis pour sombrer dans le journalisme de connivence, contraire à l’éthique et à l’information au service du citoyen, comme le stipule la Constitution.

Les protestataires ont dénoncé, lors de la 34e marche, le silence radio concernant l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures qui engage le devenir du pays et qui s’apprête à être discuté et peut-être adopté par un gouvernement dont la seule prérogative est de gérer les affaires courantes !

Encore une entorse à la Constitution qui a bon dos !


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