Le pragmatisme change de camp | El Watan
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lundi, 26 septembre, 2022
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Le pragmatisme change de camp

08 juin 2021 à 10 h 00 min

L’équation politique était complexe, elle est en passe de devenir insoluble. La vague révolutionnaire du 22 Février n’est pas encore retombée que la problématique nationale apparaît totalement bouleversée. On savait le mouvement islamiste insidieux, on le découvre arrogant et quasi triomphant.

La parole présidentielle qui adoube l’islam politique est venue donner corps à la hantise du camp démocratique, au projet qui, il n’y a pas si longtemps, était circonscrit entre les tribunaux et la périphérie du pouvoir, où les partisans de l’entrisme rongeaient indéfiniment leur frein.
A présent, c’est le pouvoir au grand jour qui est en ligne de mire.

Ebranlé par la colère populaire, le système veut dérouter cette dernière en parrainant une nouvelle devanture, celle des chefs de partis islamistes, nombreux, interchangeables et pareillement retors. Depuis plusieurs semaines, il leur est délégué le pouvoir de répondre aux porteurs du projet moderniste, n’hésitant pas à stigmatiser les régions où le combat démocratique est le mieux ancré.

Ce changement brusque d’adversité est véritablement déstabilisant pour le courant progressiste. L’on a à peine fini d’en découdre avec la traditionnelle cible du «clan d’Oujda» qu’il faut déjà réarmer pour de nouvelles batailles face à l’insondable nébuleuse islamiste. Validant la démarche officielle, des universitaires que l’on ne peut soupçonner d’allégeance sont en train de dédramatiser la perspective d’une gouvernance partagée ou hybride, tout en pointant l’échec assourdissant de la mouvance démocratique.

Eloignés sous la férule sécuritaire de leur activisme séditieux et belliqueux, les islamistes se montreront opérationnels dans l’exercice des prérogatives politiques, à commencer par celles législatives.

Considérées comme un affront et une mascarade, les élections du 12 juin sont, pour eux, une aubaine, une chance historique à saisir.
Avant d’engager de nouvelles luttes, il faut considérer les batailles perdues et en tirer les conclusions. Le bilan du hirak, assumé et revendiqué par les personnalités les plus crédibles de la scène nationale, est à l’ordre du jour.

Le mouvement citoyen, extrêmement prometteur à ses débuts, a fini paradoxalement par s’immobiliser dans des représentations périodiques sans prolongement politique probant. Le génie ne suffit plus, il faut aussi de l’efficience, du pragmatisme. Ce fut le point fort des organisations qui ont privilégié le travail de proximité lors des manifestations populaires comme pendant la campagne électorale et se préparent à une entrée résolue au Parlement et au gouvernement.

Généreuses dans le discours, parcimonieuses dans l’effort d’ouverture envers la société, les formations démocratiques se sont limitées à des rapprochements d’appareils, tout en essuyant alternativement des «tirs amis» réguliers.

Elles ne réalisent pas que la nouvelle ère de la communication et l’évolution de l’action politique ont acté la mort de la «déclaration» qui n’est ni lue ni suivie d’effet. La réhabilitation du politique commande de faire prévaloir la stratégie de structuration sur les postures radicales, quasi incantatoires, qui ont largement montré leur inanité.

Des années, sinon des décennies, de feu nourri contre les tenants du pouvoir n’ont fait que maintenir le statu quo pour aboutir à cette incroyable mue du système qui laisse interdits ses opposants les plus invétérés.


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