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mardi, 07 décembre, 2021
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Le pouvoir d’achat face à la spirale inflationniste

09 octobre 2021 à 10 h 00 min

En Algérie où le dinar est fortement et continuellement déprécié, le traumatisme de l’hyperinflation ayant prévalu lors d’Octobre 1988 reste vivace dans les mémoires.

Si, depuis au moins quatre décennies, l’inflation est un souci global et durable, aujourd’hui, le spectre de la spirale inflationniste pointe son nez sur fond de tensions sociales et de panne de la croissance. La hausse de l’inflation est essentiellement imputable aux effets de la chute des prix pétroliers depuis 2014, ce qui a tétanisé une économie totalement dépendante de la rente pétrolière.

Après un énième recours à la planche à billets et le déverrouillage de l’option de l’emprunt extérieur encadré, l’actuelle réaction des autorités se décline par des mesures court-termistes, nécessaires pour calmer les tensions inflationnistes.

En attendant la construction de bases d’une économie libérée de l’emprise de la rente pétrolière, des leviers sociaux d’urgence sont prévus dans le projet de la loi de finances 2022 pour préserver le pouvoir d’achat. Il s’agit notamment de la valorisation du point indiciaire dans la Fonction publique et de l’allégement de l’Impôt sur le revenu global (IRG).

La réduction de l’IRG est une mesure qui est de nature à corriger une iniquité fiscale criante dont sont, notamment, victimes les modestes salariés. Il reste maintenant à savoir à quel taux sera rabattu cet impôt ? Un impôt qui met en filigrane une iniquité fiscale entre les modestes salariés qui travaillent réellement et qui payent beaucoup d’impôts, contrairement aux rentiers de l’informel.

Ce qui nous amène à une autre interrogation : quelle nouvelle définition sera donnée à l’impôt sur la fortune dans la loi de finances 2022 ?

Pour les économistes, une baisse de l’IRG peut générer un cercle vertueux, car, en engendrant une hausse du revenu, elle boostera la consommation, qui se traduira par des revenus supplémentaires pour la chaîne de distribution, et donc des rentrées fiscales en plus notamment en TVA.

Cette baisse de l’IRG aura un impact positif d’autant plus important que les ménages ont une forte propension à consommer, à condition que l’argent ne soit évidemment pas dépensé pour acheter des produits importés. Cependant, baisser les impôts sans baisser de façon équivalente les dépenses publiques ne peut avoir aucun effet sur les ménages, car ce sont ces derniers qui payeront la facture salée des déficits publics.

L’autre levier consiste en un contrôle des prix des produits de consommation de base. Un projet de loi est annoncé pour mettre un terme à la spéculation alimentaire, avec des peines allant jusqu’à 30 ans de prison à l’encontre des spéculateurs. Le projet de loi entend couper court aux pratiques spéculatives, en particulier sur les produits alimentaires et aux conséquences désastreuses que celles-ci entraînent sur les populations les plus pauvres.

Le but est de porter le coup de grâce à la dérégulation du marché. Toutefois, réguler le marché seul ne suffira pas, car c’est réguler uniquement une face de la médaille. La réforme anti-spéculative doit déboucher sur des mesures suffisamment concrètes et ambitieuses.

La loi doit permettre de faire la distinction entre les spéculateurs et les utilisateurs de stocks légitimes, c’est-à-dire ceux qui utilisent, par exemple, les marchés à terme pour couvrir les agriculteurs de la mévente lors des récoltes excédentaires.

 


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