Le feu se propage | El Watan
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mardi, 11 mai, 2021
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Le feu se propage

04 mai 2021 à 10 h 00 min

Le président Abdelmadjid Tebboune a saisi l’occasion de la Fête des travailleurs pour appeler une nouvelle fois les électeurs à se rendre massivement aux urnes dans la perspective des élections législatives du 12 juin prochain.

Dans son discours lu en son nom par le ministre du Travail, M. Djaaboub, le chef de l’Etat a multiplié les gestes et les promesses en direction des travailleurs sur fond de campagne pour le vote avant l’heure, exprimant la volonté de l’Etat de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, l’emploi et d’accélérer la régularisation des dossiers de titularisation des travailleurs contractuels en dépit de la situation économique et financière difficile que traverse le pays.

D’où le gouvernement compte-t-il puiser les fonds nécessaires pour soutenir le plan de relance de l’emploi et l’amélioration du pouvoir d’achat dans un contexte de crise structurelle de l’économie ?

Par quelle alchimie le gouvernement va-t-il transformer les engagements de l’Etat en projets réalistes et réalisables, loin des tentations populistes et démagogiques dont nos dirigeants usent et abusent sans retenue à l’occasion d’enjeux électoraux ? Tant que nos responsables, à tous les niveaux, ne se sentent pas comptables des engagements qu’ils prennent, ce sera toujours la course à qui surenchérira le plus dans les promesses les plus invraisemblables, comme cette sortie ubuesque de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui avait promis, pince-sans-rire, aux habitants de Mascara dans un meeting de campagne électorale sous l’ère Bouteflika de transformer leur wilaya en Californie.

La fièvre contestatrice qui s’est emparée du front social, n’épargnant aucun secteur d’activité, aucune catégorie socioprofessionnelle, est révélatrice du ras-le-bol généralisé, que la gestion du pays par les incantations et les discours ne fait plus recette quand le peuple s’éveille.

Quand elles se répètent et tiennent lieu de programme d’action et de politiques publiques, les promesses non tenues se transforment fatalement en bombes à retardement. Le point d’orgue a été atteint avec l’entrée en scène des corps constitués qui n’hésitent pas, à leur tour, à passer outre le principe du respect de l’obligation de réserve pour faire entendre leurs doléances, comme l’ont fait, avec beaucoup de détermination ce dimanche, les agents de la Protection civile qui ont paralysé Alger dans une marche qui les a menés devant leur siège à Hydra. Lorsque la contestation gagne les rouages de l’administration publique, particulièrement des corps de la haute administration pour lesquels le droit à la contestation n’est pas reconnu chez nous, c’est le signe que le feu se propage et gagne de nouveaux espaces, le cœur du pouvoir, jusqu’ici épargné.

La réaction rapide et ferme du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales face à ce mouvement de protestation inédit, menaçant de faire appliquer la loi dans toute sa rigueur contre les protestataires, dénote l’amplitude de l’onde de choc et l’extrême embarras ressenti par les pouvoirs publics devant tous ces départs de feu charriant la même colère, la même aspiration légitime à une vie digne, dans un pays de droit et de liberté.

Le traitement musclé réservé à la manifestation des éléments de la Protection civile est un message fort du pouvoir pour éviter la contagion et que d’autres digues cèdent, sous l’effet du climat de révolte ambiant.


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