Le combat des peuples arabes | El Watan
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Le combat des peuples arabes

09 avril 2019 à 9 h 00 min

Le peuple soudanais est dans la rue depuis le 19 décembre dernier. Il entendait au départ protester contre le triplement du prix du pain. Au lieu d’essayer d’écouter la rue, le dictateur de Khartoum, Omar El Béchir, au pouvoir depuis 30 ans et soutenu par les islamistes et l’Arabie Saoudite, a opté pour la répression dans l’espoir de mater le soulèvement. Entre 32 et 51 personnes ont été tuées. Des centaines de manifestants ont été arrêtés.

La réaction a été contraire à celle recherchée par la dictature. Les manifestations ont pris une tournure nettement politique. Désormais, les Soudanais réclament le départ du dictateur. L’homme mérite bien ce titre. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui pour «crimes contre l’humanité» par la Cour pénale internationale. Il est devenu le pestiféré de la scène internationale et seuls quelques potentats arabes acceptent de le recevoir.

Il a, en effet, provoqué un véritable génocide au Darfour de 2003 à 2007, massacrant les populations civiles, un conflit qui se poursuit jusqu’à ce jour. C’est cet ethnocide qui lui vaut d’être recherché par toutes les polices du monde. Son armée a également déclenché des offensives meurtrières contre les populations du Sud-Soudan. Il a fini par accorder l’indépendance à cette région, qui renferme les trois quarts des richesses pétrolières du pays, alors que les Sud-Soudanais ne se battaient que pour l’autonomie.

Une indépendance recherchée depuis 1956 par Israël et qui, depuis cette époque, œuvre pour le démantèlement des pays arabes en une multitude de petits Etats. Omar El Béchir a accumulé les crimes contre les Soudanais, ce qui fait que la réaction de ces derniers est tout à fait logique. Remarque importante : ce sont les forces antiémeute qui se sont livrées à la répression, utilisant les gaz lacrymogènes et tirant à balles réelles sur les manifestants.

L’armée est restée en dehors de l’affaire. Approuve-t-elle les manifestations ? Elle ne peut pas porter dans son cœur un criminel comme Omar El Béchir qui, en plus, a ruiné économiquement un pays déjà exsangue. De ce fait, les militaires, qui ont leur quartier général collé à la Présidence, n’ont pas participé à la répression. Des citoyens y ont vu un bon signe et un allié de poids pour soutenir leurs aspirations à la démocratie et à la dignité. Leurs slogans ne trompent pas. «Une armée, un peuple», scandaient-ils dans les rues de Khartoum et de Omdurman, la ville jumelle. «Rejoignez-nous !» criaient-ils aux militaires en leur demandant de «choisir entre leur peuple et leur dictateur».

L’Alliance pour le changement, qui dirige la contestation, a proposé d’engager un dialogue direct avec l’armée en vue de la formation d’un «gouvernement de transition». Malgré une mobilisation qui ne faiblit pas, Omar El Béchir s’accroche au pouvoir, fidèle à la sinistre réputation des dirigeants arabes qui ne se plient qu’à la force pour le lâcher. Les Soudanais n’ont plus rien à perdre. Leur courage et leur détermination forcent le respect. Est-ce un mouvement irréversible qui va s’étendre à tout le monde arabe ? Il n’est pas interdit de rêver.


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