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mercredi, 22 mai, 2019
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Le changement inéluctable !

15 mai 2019 à 9 h 00 min

Avoir les choses de près, on s’aperçoit que le peuple a fait sienne cette conviction de l’antique sagesse : «Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. Mais c’est parce que nous n’osons pas qu’ elles sont difficiles !»

Le hirak, telle une vague impétueuse, l’a démontré majestueusement, n’a pas failli et signera sa 13e étape ce vendredi. Malgré le jeûne, malgré la canicule !

Douze vendredis. Douze enseignements. Mais en toile de fond, la même détermination, la même volonté de changement d’un système politique voué aux gémonies, qui avait cassé les solidarités nationales et qui est arrivé, pour son malheur, à sa fin inéluctable, humiliante, à laquelle il ne s’attendait point ! Qu’en a-t-on tiré ?

Qu’à la déchéance économique a succédé un traumatisme difficile à surmonter et une citoyenneté absente, dont on se rend compte aujourd’hui de la place importante qu’elle doit occuper comme régulateur de la vie collective. Et qu’on doit conquérir absolument et rapidement en se réappropriant les espaces publics et en se constituant en associations.

Car en réalité, le Président déchu avait, d’entrée, déréglé l’horlogerie du pouvoir, avant de s’attaquer à la Constitution, qu’il a tristement violée, en la façonnant à son avantage exclusif. Avec tous les pouvoirs dévolus à un monarque en déniant à ses compatriotes le statut de citoyens. Que les millions de manifestants, qui ont marché, l’ont fait avec l’espoir de construire une société démocratique, apaisée, solidaire, tournée vers l’avenir.

C’est plus qu’un ordre. Une ordonnance. Car la machinerie sociale dévoyée a fait trop de dégâts. Tellement importants qu’on ne guérira pas de ce handicap en un tour de main du jour au lendemain. Nous voici au milieu du gué à ne supporter ni nos maux ni leur remède. Pourtant, le remède a été prescrit mais tarde à être ingurgité !

Notre drame, c’est que pour une République qui signe au nom du peuple et qui se targue d’être démocratique, l’un de ses segments les plus importants, celui de l’alternance, dans laquelle les électeurs peuvent faire se relayer au pouvoir des équipes différentes, a été honteusement piétiné par le Président sortant pour perdurer pendant vingt ans en décrétant que le pouvoir enivre !

Il nous a saoulés avec son exécrable non-gouvernance, avec ses louvoiements et ses ruses. L’alternance a cédé la place à une obsession narcissique pour un mandat à vie ; quoi qu’il en coûte, quoi qu’en pense le peuple ! Le Président déchu, en triturant la Constitution qu’il a promis de défendre à son arrivée en prêtant serment sur Le Coran, s’en est arrogé tous les droits et parfois plus, en se soustrayant à ses devoirs, dont le plus notoire est de respecter ce même texte fondamental de la nation. Il ne l’a pas fait, mais s’est arrangé pour accaparer tous les pouvoirs en maître absolu.

D’ailleurs, cette Constitution, à laquelle on a soudainement trouvé des vertus, est dépassée et gagnerait à être sérieusement revue ! On pérore sur les élections, mais on n’a pas prévu un deuxième tour ! Et si tel est le cas, qui l’organiserait, puisque le mandat du chef de l’Etat intérimaire aura expiré le 9 juillet !

Mais avec des élections truquées et un Président désigné à l’avance avec un score à la soviétique, comme il est d’usage, cette éventualité n’a jamais effleuré l’esprit des décideurs ! Voilà la tragique réalité ! La déchéance de l’équipe sortante s’est accentuée avec l’apparition insidieuse puis déclarée de la corruption jamais égalée, qui est devenue une constante nationale, presque institutionnalisée. Une mafia, sans foi ni loi, qui a pillé et dilapidé les richesses en squattant aussi le pouvoir politique.

En feignant d’ignorer que la passion du pouvoir ennoblit par le dévouement à la chose publique et se dégage par la capacité de régner en solo de manière despotique, le régime est tombé sans honneur.

Les manifestants qui continueront à crier leur colère, dans un statu quo politique mortifère, le font avec l’espoir de voir enfin émerger une Algérie nouvelle, mais aussi avec le sentiment diffus d’avoir un doute sur la réalisation de ce noble objectif pour lequel, cependant, ils ne sont pas près de lâcher prise ! Ils sont une forteresse inexpugnable, car la souveraineté leur appartient et à personne d’autre…

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