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Le brouhaha de la parlote et la bénédiction du sage

01 septembre 2019 à 9 h 15 min

Autour de nous, on a l’impression que tout bouge, alors qu’en réalité, on fait du surplace ! C’est la tyrannie du statu quo. Pourquoi ? Parce que la fonction magistrale et arbitrale de l’Etat est absente. En fait, elle a commencé à dépérir depuis longtemps. Hélas, on a assisté, impuissants, à la décadence des fonctions vitales de l’Etat sans intervenir, pour essayer au moins de limiter les dégâts. L’Etat a été confondu avec un parti, usurpateur de sigle, dont son patron disait, toute honte bue, qu’il incarnait l’Algérie (rien que ça !) et qu’il allait régner encore cent ans !

Après tant d’années de gouvernance sordide et irresponsable, qui a pressuré les citoyens, le soulèvement populaire salvateur, que personne ne voyait venir, a mis un terme à cet état de fait, en jurant qu’on ne lui fera plus cet affront ! Ce sursaut consacre l’apparition, enfin comme acteur historique, du peuple, qui ne fut, au fil de très longues années, jamais consulté sur rien ! L’Etat s’est déconsidéré par son comportement et par ses résultats catastrophiques. Aujourd’hui, on voit, à l’œil nu, les résultats : des pans entiers de l’économie vont à vau-l’eau à cause de canailleries politico-financières, qui ont scellé des relations scélérates entre des hommes politiques cupides et corrompus et des oligarques autoproclamés, sans envergure ni morale. Cela a engendré une nouvelle caste de fraudeurs, couverts par l’impunité décrétée par le chef d’Etat déchu, qui, recourant même au «noir», sont arrivés à produire des «spécimens», forts nombreux, de combinards et des voleurs qui agissaient avec une désinvolture monarchique. Ces gens-là étaient immunisés même contre l’impôt que le simple citoyen paye sans rechigner !

Ce système pourri et moisi reste néanmoins cimenté par tant de vilenies solidaires. Il ne s’agit donc pas de réformer un système irréformable, mais de trancher dans le vif, d’adopter une nouvelle voie, qui réponde aux attentes de tous, dans un Etat redressé, qui ne serait pas un Etat providence ni un Etat tenté par des pratiques répréhensibles et réprouvables. En somme, un Etat normal. Pour autant, il ne s’agit donc pas de rafistoler un panier percé.

Aujourd’hui, nous sommes face à une crise de mutation, de rupture. Parce que la longue déliquescence de l’Etat a laissé, dans son sillage, des dégâts énormes, en anesthésiant pratiquement tous les secteurs d’activité, dans la quiétude des monopoles – publics et surtout privés – prédateurs, qui se sont engraissés indûment en dévalisant le Trésor public. Naturellement enfermé dans sa tour d’ivoire et dans ses fausses certitudes, l’Etat, ou ce qu’il en restait, a toujours fermé ses grilles aux vents du changement. Le peuple désillusionné en a terriblement souffert et veut réembarquer vers un grand destin unitaire et solidaire national. Cela ne saurait se faire avec des politiques de substitution ou de division qui ne sont que de la poudre aux yeux, qui favorisent plus l’évitement que l’union !

Certes, la justice intérimaire nous a ouvert les yeux sur la truanderie des dirigeants politiques qui se sont incroyablement enrichis par la prédation et la rapine, sur le dos de la population, à travers le dépeçage en règle des biens nationaux. Et aussi sur l’étalage de la corruption et des groupes mafieux sans code ni honneur, mais il reste d’autres paliers à franchir, que la Révolution pacifique réclame depuis plus de six mois, à savoir un véritable changement pour l’avènement d’un Etat de droit, fort de ses structures, de sa Constitution revue et corrigée, de ses institutions et de ses hommes intègres et désintéressés.

Déjà, on s’interroge, à juste titre, sur les prérogatives incommensurables que le Président déchu s’était accordées et dont le nouveau président va hériter. Cela lui ouvre droit à un règne monarchique ! Inacceptable.

Le changement est nécessaire, comme l’ont suggéré une multitude d’hommes respectables, sages et respectés, mais bizarrement ignorés, à l’instar du vénérable centenaire Hadj Tahar Aït Aldjet qui aurait dû être associé à ces conciliabules. Ne serait-ce que pour apporter sa bénédiction et sa baraka, sa profonde sagesse et par déférence à son aura religieuse et à son passé révolutionnaire aux côtés du valeureux Colonel Amirouche.

Ce même Aït Aldjet a salué cette révolution pacifique, qui a délivré pas mal de monde ! Et dont les représentants authentiques sont curieusement absents des débats, alors que tout le monde s’accorde à dire que sans le mouvement impétueux du 22 février, le pouvoir innommable de Bouteflika et consorts aurait continué la funeste descente aux enfers de notre cher pays…


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