L’Algérie et l’idée Desertec | El Watan
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lundi, 30 novembre, 2020
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L’Algérie et l’idée Desertec

28 novembre 2019 à 9 h 35 min

Non, Desertec n’est pas un projet néocolonialiste, mais bel et bien un concept gagnant-gagnant pour l’Afrique du Nord, l’Europe et le Moyen-Orient. Face aux lobbys internationaux qui lui sont sournoisement hostiles, Dii – consortium fondé en Allemagne et bras économique de l’idée de Desertec – a modifié son ambition.

A l’origine, l’initiative était lancée pour l’exploitation du potentiel énergétique des déserts de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA) afin d’exporter de l’électricité verte vers l’Europe. Désormais, le but est de fournir d’abord une énergie propre et des emplois aux habitants de la région MENA et devenir ensuite un exportateur d’électricité et d’hydrogène verts, autrement dit de l’énergie solaire et thermique provenant des déserts. La bonne nouvelle est que Sonelgaz a réaffirmé vouloir «développer des axes de coopération avec Desertec Industrial Initiative (Dii)». Cette déclaration a été faite à Berlin où ce groupe algérien a participé au sommet qu’organise, depuis 10 ans, le consortium Dii.

Il y a neuf ans, Sonelgaz avait affiché la même bonne intention de coopérer avec Desertec. Problème : depuis, aucun projet entrant dans le cadre de cette initiative Dii n’a été concrétisé en Algérie. Cette nouvelle déclaration de bonnes intentions sera-t-elle, cette fois-ci, suivie d’actes concrets ? Fin 2011, Sonelgaz et Dii avaient paraphé un accord de coopération et une étude de faisabilité a même été menée portant sur un projet de référence.

La suite est connue : les autorités algériennes ont été les premières à faire volte-face en renonçant à participer au projet Desertec, auquel le très lucide groupe Cevital était pleinement associé. Pourquoi tourner le dos à un projet qui ne vise pourtant qu’à produire des énergies propres localement et les exporter, permettant un précieux apport en ressources financières susceptibles de se substituer à la rente pétrolière ? Entre-temps, Dii a rassemblé 55 entreprises et organisations issues de 15 pays en escomptant rendre l’énergie solaire du Sahara commercialisable et la transporter de la région MENA vers l’Europe.

Mais le projet a été fortement critiqué, principalement en raison de son coût élevé. Cinq ans après sa création, Dii s’est effondré en 2014, l’écrasante majorité des actionnaires ayant fait défection. Mais l’idée de Dii n’est pas pour autant abandonnée : en 2017, Nur Energie (qui était associée de Desertec avant de se retirer en 2014) a annoncé la construction d’une centrale solaire géante en Tunisie pour alimenter l’Europe. Le projet de cette société, installée à Londres et contrôlée par des capitaux américains, sera-t-il concrétisé ? L’optimisme est de mise d’autant plus qu’une géante et exemplaire centrale solaire thermodynamique est entrée en service, en 2016, à Ouarzazate au Maroc. Pendant ce temps, de grands projets tels que Medgrid ou encore le fameux Plan solaire méditerranéen peinent à être concrétisés. Leur réalisation aurait pourtant permis de créer des emplois locaux et un précieux transfert technologique. Emblématique des pays dépendant des énergies fossiles, l’Algérie doit réfléchir sérieusement à l’après-pétrole en mettant le cap sur les énergies propres. Avec ou sans Desertec, l’énergie verte des déserts est désormais un sujet majeur.

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