L’Algérie de Matoub à Alloula | El Watan
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lundi, 13 juillet, 2020
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L’Algérie de Matoub à Alloula

29 juin 2020 à 9 h 04 min

Il y a 22 ans, Lounès Matoub était assassiné. Il n’avait que 42 ans. Il a été tué pour avoir été un artiste engagé. Un autre artiste engagé, Abdelkader Alloula, est mort, il y a 26 ans, des suites des blessures subies lors d’un attentat à Oran.

C’était l’un des plus populaires dramaturges algériens, grand défenseur de la langue arabe algérienne (darija). Ces deux artistes ainsi que beaucoup d’autres figures méritent un grand hommage national à la hauteur de leur engagement en faveur de la démocratie, des droits de l’homme, de la laïcité, de l’identité et la culture algérienne dans leurs composantes tamazight et l’arabe algérien.
Actuellement, beaucoup d’Algériens sont en prison pour avoir exprimé pacifiquement leurs idées.

Depuis 1887, des militants précurseurs ont revendiqué une Algérie algérienne et multiethnique, avec toutes ses composantes identitaires, culturelles et linguistiques. De Belkassem Ben Sedira à Boulifa, de Ali Laïmeche à Rachid Ali Yahia, de Amar Ould-Hamouda à Mohand Arab Bessaoud, de Amar Imache à Ouali Benaï, d’Issiakhem à Kateb Yacine, de Taos Amrouche à Tassadit Yacine, de Boudiaf à Saïd Sadi, de Mohamed Haroun à Djamel Zenati, de Hend Sadi à Salem Chaker, de Saïd Mekbel à Ali Dilem, de Katia Bengana à Azzeddine Medjoubi, de Saïd Salhi à Amira Bouraoui, beaucoup d’autres intellectuels, hommes de culture ou militants politiques ont défendu un véritable florilège de combats progressistes : la laïcité, l’égalité entre les femmes et les hommes, les droits humains, la démocratie et bien sûr tamazigh et l’arabe algérien (darija).

C’est de cette lignée idéologique que s’est revendiqué Matoub. Chanteur, musicien, auteur-compositeur-interprète, poète et mélodiste de talent, Lounès a produit des chansons militantes et contestataires.

Il s’inspirait de références émanant de musiciens légendaires tels Slimane Azem, El Hasnaoui, Hnifa, mais aussi des écrivains comme Mouloud Mammeri et Tahar Djaout. Lounès vouait aussi de la fascination envers le grand dramaturge Abdallah Mohya, dont il a tiré son inspiration.

Les chansons de Matoub sont devenues des hymnes pour la liberté. Il a grandement contribué au rayonnement de la culture amazighe. Sa carrière illustre son implication à l’image de nombreux autres artistes en faveur des droits de l’homme.

En 1995, le Ski Club international des journalistes du Canada lui décerne un Prix de la liberté d’expression. Blessé par balles en 1988, kidnappé en 1994, il a reçu un hommage de la part du directeur de l’Unesco pour son combat pour la démocratie. Matoub se revendiquait de «la famille qui avance».

De Cherif Kheddam à Idir, de Cherifa à Cheikha Rimitti, de Djamel Sabri à Tinariwen, de Brahim Izri à Agraw, de Djamel Allam aux Abranis, d’Ichenwiyen à Idheflawen, de Cheb Hasni à Cheb Aziz, de Adel Amzab à Zedek Mouloud, d’Aït Menguelet à Matoub, ces artistes ont tous défendu une démarche engagée ou ont été assassinés pour leurs idées. Ils sont connus autant pour leur musique que pour leurs convictions.

Ils ont élevé leur voix mais aussi leur poing, porté des combats d’idées ciselés et incisifs. Bref, ils ont fait bien plus que de la simple chanson. Ils ont joué un rôle capital dans l’éveil des consciences.



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