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L’acharnement saoudien

19 mars 2019 à 10 h 00 min

Malgré sa lourde responsabilité pendant la décennie noire, durant laquelle elle a soutenu et financé le terrorisme du FIS avec toutes les conséquences dramatiques que cela suppose pour le pays, l’Arabie Saoudite revient à la charge contre l’Algérie.

Le régime wahhabite, craignant que la révolution pacifique du peuple algérien ne fasse tache d’huile et qu’elle puisse donner des idées de rébellion au peuple saoudien, a décidé de mettre le paquet pour tenter de déclencher une contre-révolution.

Le prince héritier, ministre de la Défense et homme fort du pays, Mohammed Ben Salmane, aurait touché les autorités françaises pour leur demander d’exercer des pressions sur le pouvoir algérien pour mettre fin aux manifestations populaires à travers le territoire national. Il aurait été soutenu dans sa démarche par les Etats arabes unis, connus pour être de dociles sous-traitants du salafiste saoudien.

On ne sait pas si l’Elysée a donné une réponse positive, on sait par contre que les deux pays sont de gros acheteurs d’armements français et que Paris tient beaucoup compte de cette réalité.

La chaîne de télévision Al Jazeera vient d’affirmer que Dubaï s’est engagé à financer une éventuelle contre-révolution. De son côté, Mohammed Ben Salmane aurait touché ses relais en Algérie pour leur demander de réprimer par les armes les manifestations populaires. MBS, comme il est appelé communément, croit beaucoup en la violence. Il n’a pas hésité à envoyer ses hommes de main à Istanbul pour assassiner un journaliste opposant, Jamal Khashoggi, dans les locaux même du consulat d’Arabie Saoudite, de lui couper les membres et de dissoudre tout son corps dans de l’acide.

Le New York Times a révélé hier que le futur roi a déclenché dans son pays des actions comprenant la surveillance, l’enlèvement, la détention et la torture de citoyens saoudiens. C’est dire que l’homme est friand de crimes d’Etat. Jusqu’à présent, l’administration Trump, et Israël avec, continue de le protéger, malgré l’opinion américaine, y compris le Congrès, qui réclame justice contre le prince.

L’acharnement saoudien contre notre pays s’explique. En 1991, des ambassadeurs arabes à La Haye s’étaient retrouvés pour un dîner. A un moment donné, l’ambassadeur saoudien interpelle son homologue algérien Mustapha Bouakaz : «Eh ! Vous les Algériens, vous croyez que vous allez instaurer la démocratie dans votre pays ?

Ce sera une menace pour toutes les monarchies arabes. Nous mettrons tous les moyens pour vous empêcher d’atteindre votre but.» Une réaction qui explique en partie l’apparition du terrorisme islamiste en Algérie. Aujourd’hui, les Saoudiens veulent rebeloter. «Le peuple algérien (…) dispose des aptitudes nécessaires pour éviter à son pays toute conjoncture pouvant être exploitée par des parties étrangères hostiles», a déclaré, hier à Béchar, le général-major Gaïd Salah.

Il sait ce qu’il dit. Depuis le 22 février, il a été constaté que chaque vendredi de petits groupes d’une dizaine de personne essayent de s’infiltrer parmi les manifestants pour crier des slogans islamistes. A chaque fois, des citoyens les interceptent et les empêchent de poursuivre. Les héritiers de l’ex-FIS tentent de rééditer le coup d’Octobre 1988 pour récupérer le mouvement à leur profit. Ils ont échoué et avec eux les Saoudiens et les Emiratis.


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