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La rente toujours présente

17 juillet 2019 à 10 h 00 min

Après cinq mois de mobilisation citoyenne inédite à travers le pays, rien ou presque n’indique que l’on s’achemine vers une sortie rapide de la crise, née de l’obstination de Abdelaziz Bouteflika à vouloir briguer un 5e mandat présidentiel, de sa démission et des conséquences qui ont suivi.

Entre les attentes légitimes populaires d’un véritable changement démocratique, le pouvoir réel, s’il ne verse pas dans un attentisme au quotidien, n’est pas moins tenté par une reprise en main de manière autoritaire de la «donne politique». Faut-il alors s’étonner de la situation de blocage qui en résulte, sur fond de crise économique et d’appréhensions d’ordre social pour les jours à venir ? Ce sont là autant de conséquences d’un immobilisme, tous azimuts, qui perdure depuis plus de deux décennies.

Il est normal, et peut-être attendu, dans de telles conditions que des initiatives politiques restent sans écho d’un côté comme de l’autre, alors que l’aspiration des citoyens à un nouvel ordre des choses est martelée chaque vendredi depuis le 22 février, même si le prochain rendez-vous populaire aura peut-être un caractère particulier, puisque l’attention des Algériens s’accrochera à l’espoir de voir leur équipe nationale de football remporter pour la seconde fois la Coupe d’Afrique des nations.

Mais cela ne suffira pas, au grand dam des partisans de l’ancien régime, à détourner pour autant le cours impétueux du hirak dans sa volonté d’en finir définitivement avec le système politique, rentier et dévastateur, à l’origine des malheurs de la majorité des citoyens. Ni les menaces ni les intimidations à l’encontre des manifestants, et encore moins les harcèlements judiciaires n’ont pu altérer cette détermination populaire vers un changement radical face à un pouvoir en quête de légitimité et qui peine à l’obtenir.

L’image que renvoie l’Algérie à ses partenaires étrangers est loin d’être rassurante, d’autant que sur le plan économique, les dirigeants actuels ne semblent pas près de se débarrasser de la conduite rentière des affaires du pays. Les opérateurs économiques nationaux sont d’ailleurs inquiets, même si pour l’instant on préfère écarter le recours à la planche à billets dans le financement budgétaire.

Tandis que pour faire face aux contraintes incompressibles des importations on continue à puiser dans les réserves de change qui fondent encore plus vite qu’on pensait. La création de richesses n’étant pas au rendez-vous ni maintenant ni à brève échéance, certains économistes n’excluent pas le recours forcé à une dévaluation du dinar qui interviendrait plus tôt que prévu. Tout comme ils n’écartent pas le recours à l’endettement extérieur. Là aussi, les conséquences sociales seraient désastreuses sur le quotidien des Algériens : inflation, chômage.

D’ores et déjà, certains secteurs économiques commencent à pâtir des restrictions en matière de financement des importations, comme c’est le cas des industries de l’électroménager et de la téléphonie, par exemple, qui, faute de composants et de kits importés, risquent de voir la fermeture de nombreuses unités et le licenciement de milliers de travailleurs. Ce même scénario pourrait frapper l’industrie du montage automobile, dont la plupart des patrons sont aujourd’hui poursuivis par la justice pour avoir bénéficié d’indus avantages de la part de l’Etat. Ce qui n’est pas fait pour arranger les choses, il faut en convenir.


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