La politique du chiffre | El Watan
toggle menu
mardi, 30 novembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021



La politique du chiffre

11 octobre 2021 à 10 h 00 min

Les strates successives de réformes subies par l’Université algérienne depuis les années 1970, même si elles ne sont pas dénuées d’incohérences, reposent sur un socle politique basé sur les chiffres : la fierté d’exhiber des statistiques sans cesse croissantes liées aux dépenses publiques, au nombre croissant d’étudiants (près de 1,7 million cette année) et aux nouvelles places pédagogiques réceptionnées (plus de 20 000 cette rentrée)…

L’Université doit en finir avec cette vision populiste du chiffre, car les études supérieures ont besoin d’une réforme décisive qui reposerait sur la qualité de l’enseignement. Un des objectifs prioritaires de toute réforme digne de ce nom est censé garantir la qualité de l’enseignement supérieur. L’établissement de lignes directrices pour la gestion de la qualité peut être confié à une nouvelle agence publique dont le projet de création a été annoncé. Le but est de garantir l’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Une telle institution est ainsi appelée à élaborer des mécanismes permettant aux universités de se doter d’une politique qualité. Pour ce faire, les experts en pédagogie le disent : l’enseignement supérieur doit être centré sur l’étudiant, qui doit être au centre des réflexions pédagogiques et qui devra ainsi participer de façon active à son apprentissage en s’impliquant dans le choix de son parcours et de son rythme de formation.

Le deuxième défi est sans doute l’employabilité, autrement dit l’aptitude des diplômés à intégrer le marché du travail et à évoluer au sein de celui-ci. La formation universitaire est censée avoir pour but de préparer à une carrière académique, dans des secteurs à caractère scientifique ou dans l’économie. Cela passe donc par la création de passerelles entre le milieu académique et le monde professionnel pour promouvoir l’innovation. En matière de reconnaissance des acquis, la tutelle a du pain sur la planche pour régler de nombreuses anomalies. C’est le cas, par exemple, des diplômés en télécommunication qui dénoncent leur mise à l’écart dans les concours de la Fonction publique. Dans la foulée, l’ouverture, la flexibilité et la perméabilité des formations doivent être renforcées.

Sur le plan socioprofessionnel, les anomalies sont aussi nombreuses : le système académique se caractérise par la précarité sociale de la majorité de son personnel scientifique, qui compose un corps engagé le plus souvent sans possibilité d’envisager une carrière universitaire sur le long terme. Cette politique du personnel compromet durement la qualité de la recherche. Les professeurs subissent ainsi les effets délétères de cette situation. Pour ce qui est de la production et de la transmission des savoirs, la principale conséquence de la précarité socioprofessionnelle du corps pédagogique réside dans l’instabilité chronique des équipes de recherche.

Les pertes sont nombreuses, en premier lieu pour ces jeunes universitaires sommés en quelque sorte de se reconvertir tôt ou tard sans toujours pouvoir valoriser leur expérience professionnelle. Cette situation affecte également le corps professoral. L’encadrement d’une thèse de doctorat implique un investissement considérable. Or, la précarité des statuts académiques fait obstacle à la pérennité des structures de recherche.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!