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La Liberté

24 août 2019 à 9 h 15 min

L’engouement suscité par la venue du jeune chanteur algérien Raouf Soolking, qui avait refusé, il n’y a pas si longtemps, la triste messe cachiriste de la Coupole, était déjà dans l’air il y a plusieurs semaines.

Sevré et assoiffé d’événements rarissimes de ce genre en raison d’une pénurie de libertés voulue, le public juvénile qui s’est déplacé, jeudi soir au stade du 20 Août, ne se doutait pas du drame qui allait l’endeuiller et nous plonger dans une tristesse absolue : cinq morts et plusieurs blessés. Le caractère exceptionnel de cette fête, tel que présenté par les organisateurs, a outrageusement explosé la demande. Les jeunes venus chanter la liberté sont tombés dans le traquenard de l’incompétence, de l’irresponsabilité et de l’inconscience des préposés à l’organisation. Déjà sur le plan sécuritaire, le stade, à travers ses entrées et ses issues étriquées, ne présentait pas les garanties requises. C’est encore une fois la faute à un système désuet, arc-bouté sur une vision du monde dépassée qui veut se régénérer en insultant l’avenir !

Cela s’est passé alors que la révolution pacifique fêtait ses 6 mois. Quel bilan, au bout de cette moitié d’année qui a bouleversé la vie des Algériens, réconciliés enfin avec eux- mêmes et avec leur dignité, au sortir d’un long et éprouvant cauchemar !? Outre l’empêchement d’un 5e mandat et la démission de l’ancien Président, le rejet des élections du 4 juillet, on aura enregistré la fin des peurs et des crispations, l’instauration d’un esprit nouveau qui prône l’égalité, la justice sociale, le vivre-ensemble, face à un système figé, ancré depuis des décennies. Un système rétif au changement, qui ne tolère d’autre voie de sortie de crise que celle qu’il s’est choisie ! Alors que le délabrement des institutions et des hommes qui en avaient la charge appelle à une refondation économique et politique, au risque d’assister à un effondrement que personne ne souhaite. Car la dignité de l’Etat s’est évaporée dans sa déconsidération et dans le regard plein d’indifférence et de mépris que lui jetaient les citoyens, poussés malgré eux vers la désertion du champ politique squatté par des indus occupants. A l’instar du FLN, dont le prestigieux sigle a été usurpé pour servir de fonds de commerce à des aventuriers, spécialistes de la cuisine politique ! L’ONM vient d’y mettre le holà. Tant mieux. Cette organisation des moudjahidine a peut-être compris mieux que d’autres que le XXIe siècle impose d’autres légitimités, d’autres boussoles et d’autres mises à niveau !

Perplexes, inhibés par des sentiments mêlés de colère et de rage, on constate à quel stade la déconsidération du politique est arrivée depuis que la justice a mis enfin le nez dans les scandales et les trafics en tout genre, impliquant des pontes du système. Il serait suicidaire de continuer sur la même voie. C’est pourquoi, par changement, la rue, qui gronde et qui en était hier à son 27e vendredi, étend la participation effective et réelle du peuple à tout ce qui le concerne, à être l’acteur de son destin. A repenser profondément la fonction politique, à réformer les institutions et les textes fondamentaux, à inventer une pratique autre du pouvoir, en dépouillant bon nombre d’attributs exorbitants faits sur mesure par et pour le Président déchu ! Le monde convulsif qui bouge alentour porte en lui tous les dangers, toutes les menaces et nous impose une vigilance accrue et solidaire, maintenant que la nation s’est ressaisie et que le souci national a été réapproprié.

Entre ce qui s’effondre et ce qui renaît, le peuple, qui sait où il va et ce qu’il veut, reste dans ses convictions, caressant le vœu d’une Algérie nouvelle, solidaire, libre et démocratique, où chacun aura sa place. Le chemin semble plus long que prévu si l’on se fie à l’œuvre plutôt laborieuse du panel, qui semble avoir égaré les bonnes clés. En axant son action sur le changement de personnes alors que le peuple réclame un changement réel du système qui nous a menés à la ruine morale, politique et économique. L’observateur est encore plus dubitatif et sans voix lorsqu’il constate parmi les invités «sages» du panel des personnes peu en rapport avec les critères de probité et de représentativité exigés ! Comme, par exemple, cette dame, supportrice acharnée de l’ancien Président déchu, proche d’un oligarque emprisonné et… qui est sous la condamnation ferme de la justice ! Ou encore, semble-t-il, cet ancien conseiller de Sarkozy, architecte du Printemps arabe et maître d’œuvre de la destruction et de l’anéantissement de la Libye avec son ami BHL… Comme référents, on voudrait follement s’en passer ! Ce n’est pas avec des personnes de ce genre qu’on construit une nation comme la majorité du peuple la souhaite !


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