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La leçon de vulgarité

05 décembre 2019 à 9 h 44 min

Depuis l’indépendance de l’Algérie, aucun Président, aucun ministre ou haut responsable de l’Etat n’avait versé des insanités sur le peuple algérien. Le ministre de l’Intérieur, Salah Eddine Dahmoune, vient de le faire avec une vulgarité, un langage de caniveau qui dépasse l’entendement.

Devant le Sénat, sans respect même pour cette assemblée, il a traité les opposants à l’élection du 12 décembre de «pseudo-Algériens», de «traîtres», de «pervers», d’«homosexuels» et de «mercenaires» à la solde du colonialisme français.
Depuis le déclenchement du hirak, le 22 février dernier, des gens du pouvoir ont critiqué ces patriotes algériens, dignes héritiers de Ben M’hidi et de Abane Ramdane, mais n’ont jamais osé manquer de respect au peuple algérien, parce qu’ils savent, au fond d’eux-mêmes, que ce dernier manifeste pour la démocratie, le respect des libertés, un changement total des mœurs politiques.

Pourquoi une telle provocation qui dépasse l’entendement de la part de ce ministre, venu d’on ne sait où et qui croit faire peur aux Algériens avec son déchaînement de vulgarité ? A-t-il perdu la raison ? A-t-il agi sur instruction ? La gravité de ses propos aurait dû inciter le pouvoir à agir avec célérité, à le relever de ses fonctions et, surtout, que la justice se saisisse de son cas pour «outrage à la nation». Et c’est le minimum qu’attendent les citoyens. Malheureusement, aucune réaction officielle n’a été enregistrée jusque-là, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses, comme par exemple l’existence d’un groupe lié au pouvoir et qui veut mettre de l’huile sur le feu à la veille du 42e vendredi de la colère.

On sait qu’il est très lié à la famille Bouteflika qui, de ce fait, l’a porté au gouvernement et qu’un jour il a été jusqu’à se faire l’avocat de «Saïd président». Il ne rend pas service à ses protecteurs en agissant comme il l’a fait. Le peuple algérien, qui fait preuve d’une immense maturité, saura le remettre à sa place avec dignité et sans dépassement de langage. Les millions de hirakistes qui défilent chaque semaine, qui suscitent respect et admiration dans le monde, sauront réagir de façon civilisée à cet outrage d’un homme qui, peut-être sans s’en rendre compte, a agi comme un mercenaire ennemi de l’Algérie de Novembre, ennemi des libertés, de l’humanité, c’est-à-dire un fasciste.

Il ne faut pas qu’il s’attende à un pardon et ses complices, si complices il y a, rendront eux aussi compte de cette dégoûtante provocation. Et ce n’est pas cet individu qui arrêtera la marche des Algériens dans leur quête d’une nouvelle société. Ils ont payé le prix du sang durant toute leur histoire et plus rien ne mettra fin à leur détermination.

La balle est dans le camp du pouvoir. Il faut qu’il nous donne la preuve qu’il n’a rien à voir avec cet homme et que, par conséquent, il se sépare de lui. C’est le minimum qu’on attend de lui s’il prétend défendre l’Algérie patriotique, l’Algérie des héros du 1er Novembre.



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