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samedi, 21 septembre, 2019
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La force du peuple

10 mars 2019 à 10 h 00 min

Historique a été la journée vécue par l’Algérie vendredi dernier. On parle de deux ou même de trois fois plus de manifestants à travers tout le pays par rapport au 1er mars. Uniquement dans la capitale, les premiers cortèges ont commencé à rallier, à partir de midi, les places publiques emblématiques des Martyrs, Maurice Audin, du 1er Mai ou de la Grande-Poste. Jusqu’à 18h, les gens affluaient encore de la périphérie d’Alger et des banlieues éloignées. C’est peu dire que le centre-ville était paralysé, totalement fermé à la circulation automobile en fin de journée.

Il n’est pas exagéré d’affirmer que ce jour-là, les Algériens avaient un rendez-vous avec l’Histoire et que beaucoup d’entre eux ne voulaient pas rater. Pour rien au monde. Cette formidable démonstration de force populaire unanime du refus d’un 5e mandat pour le Président sortant est la réponse la plus cinglante, la gifle assénée au pouvoir. Et rappeler, au passage, à Bouteflika, à son clan et tous ses affidés que «l’Algérie n’est pas une monarchie», corsetée par «un makhzen» omniprésent. Cela laisse donc supposer que depuis longtemps la vox populi le soupçonnait de vouer une admiration cachée au système du «makhzen» et à ses allégeances sans borne au roi. Sinon, comment expliquer ce serment de fidélité, incongru et non constitutionnel, du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, à Abdelaziz Bouteflika, lors de son installation à la tête de l’institution ?

Mais au-delà de ces revendications immédiates, la remise en cause du système politique revient de façon récurrente depuis le 22 février, par précaution sans doute de ne pas assister à la remise en selle d’un ou de régimes qui ne seraient que des avatars de l’actuel, par d’obscurs «cabinets noirs», selon l’expression chère à feu M’hamed Yazid.

Aujourd’hui, cette mobilisation populaire d’une maturité surprenante, sans leader ni porte-parole déclarés, organisée autour de revendications claires et de mots d’ordre rassembleurs, demeure imperturbable tant que les objectifs qu’elle s’est assignés n’auront pas été atteints. A l’instar de cette jeune collégienne aperçue vendredi dernier au milieu des manifestants, brandissant timidement une pancarte sur laquelle elle avait griffonné au feutre rouge : «Je n’ai pas trouvé de slogans ; mais ekhtouna» (partez). Du côté du pouvoir, c’est la panique, la précipitation à vouloir «mettre en vacance» tout le monde, à défaut de reconnaître la sienne, quitte à plonger le pays dans l’aventure. Et gagner un peu de temps avant sa fin inéluctable.


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