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La balle est chez M. Belaïz

06 mars 2019 à 10 h 00 min

Les Algériens n’attendent pas avec impatience le communiqué du Conseil constitutionnel, prévu pour le 14 mars, et qui doit rendre publique la liste des candidats retenus pour l’élection du 18 avril.

Il n’y aura aucune surprise, si le nom de Abdelaziz Bouteflika est maintenu d’ici là. Ce dernier a bien pris soin d’assurer son avenir en nommant à la tête du Conseil, il y a de cela une vingtaine de jours, un homme à lui, en l’occurrence Tayeb Belaïz. Celui-ci n’a même pas cherché à faire illusion lors de son installation et de sa prestation de serment. Avec un culot inouï, il a juré fidélité au Président sortant. Avec une telle prise de position, à quoi peut-on s’attendre de la part de cet homme ? Si le clan l’a ramené, c’est bien pour un but précis.

Rappelons que l’homme a déjà été président du Conseil constitutionnel qu’il avait quitté en septembre 2013 pour «raisons de santé», alors que son mandat de 6 ans n’avait pas expiré. On le retrouve, quelques mois plus tard, à la tête du ministère de l’Intérieur, qu’il abandonnera suite à un conflit avec le DGSN de l’époque, Abdelghani Hamel. Cela ne l’a pas empêché d’occuper illégalement et jusqu’à ce jour un appartement de fonction du ministère de la Justice. Ce qui signifie clairement qu’il est bien protégé et que Bouteflika a placé un homme sur lequel il peut compter.

M. Belaïz va-t-il avoir un sursaut d’orgueil et refuser de couvrir une nouvelle forfaiture ? Dans le cas contraire, il doit montrer au peuple algérien les certificats médicaux des médecins qui attesteront que la candidature de Bouteflika n’est pas anticonstitutionnelle et qu’il est apte physiquement à exercer un nouveau mandat.

Même une telle certification sera difficile à avaler. Les Algériens ne sont pas dupes des manigances du pouvoir. Abdelwahab Derbal, un ancien d’Ennahda de Abdallah Djaballah et président de la Commission de surveillance des élections, avait déclaré, après le dépôt du dossier de candidature de Abdelaziz Bouteflika au Conseil constitutionnel par son nouveau directeur de campagne Abdelkader Zaalane, que le candidat doit se présenter en personne.

Il se ravise le lendemain et affirme que son absence n’est pas une violation de la Constitution. Il est clair que le clan veut transformer cette élection, si elle a lieu, en une mascarade électorale, comme cela a été le cas pour les précédentes. C’est une spécialité du bouteflikisme : violer les lois de la République, faire du faux et de l’usage de faux un système de gouvernance.

Mais cette fois-ci, le clan s’est trompé. Le sursaut salvateur des Algériens a contredit tous les calculs du clan et des aigrefins qui gravitent au sommet de l’Etat. Une nouvelle donne qui ne doit pas échapper à M. Belaïz qui a désormais le choix entre ses intérêts personnels et les aspirations de tout un peuple qui veut retrouver sa dignité. L’histoire présente et future jugera.


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