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Jeudi foot, Vendredi hirak…

11 juillet 2019 à 10 h 00 min

Notre équipe nationale de football a quelquefois cette majesté de renflouer le moral des Algériens au plus fort des incertitudes appréhendées sur le devenir immédiat du pays. La qualification en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations a eu cette faculté inattendue (comme elle n’a pas su l’avoir lors de la précédente CAN-2017 au Gabon) de se transcender pour semer un peu de joie dans ce pays et au sein de la communauté nationale établie à l’étranger.

Décevante lors de la précédente étape, cette équipe a su se régénérer pour offrir aux Algériens un peu de fraîcheur dans les cœurs sur cette terre d’Egypte qui nous doit une revanche après les péripéties malheureuses d’il y a presque dix ans. Les Algériens n’oublieront jamais l’accueil brutal qui leur a été réservé en novembre 2009 dans un match déterminant pour la qualification à la Coupe du monde 2010. Le bus des Verts avait été callaissé et des footballeurs blessés.

Défaits au Caire, les Algériens prendront leur revanche en match d’appui à Khartoum et se qualifieront. Le fait notable est que les supporters algériens se comptaient par dizaines de milliers au stade d’Oum Durman grâce à un véritable pont aérien suscité et organisé par le pouvoir en place.

Bouteflika raflera la mise en récupérant ce haut fait d’armes et cumulera toutes les louanges populaires. Un petit répit pour un règne qui prendra fin brutalement. Son homologue égyptien, Hosni Moubarak, ne mettra pas autant de temps pour sortir par la petite porte de l’histoire dans le fracas du mouvement populaire de 2011.

Le football a longtemps contribué (que ce soit au niveau de l’équipe nationale d’Egypte ou celui des clubs locaux très dominateurs dans les compétitions africaines) à servir le régime pharaonique jusqu’à cette fameuse défaite d’Oum Durman, qui a mis le pouvoir de Moubarak et ses fils dans une fâcheuse posture.

S’en est suivie une campagne médiatique virulente à l’encontre des supporters algériens, vilipendés et traités de tous les noms… L’animosité égyptienne contre les Algériens est visiblement restée intacte de nos jours à cause d’un contentieux entretenu à dessein par ceux qui n’ont pas cherché ou voulu un rapprochement fraternel.

L’Algérie se retrouve, aujourd’hui, quasiment dans la même situation. Le climat politique et social délétère qui a donné naissance aux contestations populaires de masse ont empêché Abdelaziz Bouteflika de briguer un 5e mandat. Le marasme est toujours là, prenant, par son aspect mélodramatique et nourri par les incertitudes du lendemain. Voilà que le foot s’invite à travers un possible exploit qui capte toutes les attentions.

Le pouvoir en profite pour tenter de faire durer l’aventure en proposant des charters pour soutenir, pense-t-il, cet allié inespéré, en plus des écrans géants disséminés à travers les grandes villes du pays. Mais la donne a changé. Les Algériens ne sont pas dupes et ne considèrent plus le football à travers l’équipe nationale comme la carotte qui fait se mouvoir l’attelage.

Ils tentent chaque vendredi de faire entendre aux forces conservatrices et aux adeptes du non-changement que toutes les générations confondues veulent une Algérie nouvelle, libre, civile et démocratique. C’est pour cela que jeudi foot et vendredi hirak. Allez osons-le : one, two, three, viva l’Algérie…


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