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dimanche, 05 juillet, 2020
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Intrigant hirak

13 février 2020 à 9 h 42 min

Le hirak intrigue, fascine et dérange. A quelques jours de la date anniversaire du déclenchement du hirak, le 22 Février 2019, ce mouvement de colère citoyenne à travers tout le territoire ne donne pas l’impression de vouloir s’arrêter un jour.

C’est là un phénomène politique et social unique dans les annales à l’échelle planétaire. Tous les mouvements de contestation populaire à travers le monde ont été réprimés ou récupérés par les tenants du pouvoir en place. Sauf le hirak en Algérie qui a résisté vaillamment, malgré la répression policière et les multiples tentatives d’intimidation des citoyens.

Le pouvoir a même organisé des contre-manifestations qui ont lamentablement échoué. La manœuvre était pourtant très dangereuse pour la sécurité intérieure du pays. C’est l’image d’un système finissant et désarmé face à un mouvement pacifique d’une écrasante majorité de citoyennes et de citoyens.

La montée en puissance du hirak a fini par faire craindre le pire au pouvoir en place, lequel a pointé du doigt, à travers les médias qui lui sont inféodés, la «main de l’étranger», la France en particulier, le mouvement séparatiste de Ferhat M’henni, le MAK, ou d’autres forces obscures ennemies de l’Algérie.

Là aussi, le pouvoir essuiera un cuisant échec. Le pouvoir a ensuite tenté la carte de la division en s’en prenant de manière inattendue à l’emblème amazigh. Plusieurs centaines de jeunes gens et de jeunes filles ont été arrêtés pour avoir brandi le drapeau identitaire qui pourtant flotte sur plusieurs édifices publics. Encore une fois, les Algériens ont réussi à éviter le piège tendu, en affirmant leur appartenance à la culture plusieurs fois millénaire du peuple amazigh.

Du vivant du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, tout l’establishment, toutes les institutions de l’Etat algérien ont été mobilisés pour affaiblir le hirak, qui fait parler de lui dans toutes les capitales du monde de par son caractère pacifique. Le mouvement fascine et attire la sympathie des institutions internationales et des médias.

La vigueur du hirak a attiré et attire toujours toutes les convoitises de récupération politique. A commencer par certains leaders islamistes, à l’exemple de Abdallah Djaballah, exclu, dès les débuts du hirak, de la marche du vendredi par des centaines de citoyens en colère. Car, en réalité, le hirak n’est pas un parti politique et ne peut être structuré en tant que tel étant donné qu’il est traversé par tous les courants d’opinion de la société algérienne.

Le mouvement citoyen est appelé à cesser ses manifestations après la satisfaction de toutes les revendications, à savoir la libération de tous les détenus d’opinion, la révision de la Constitution pour mettre fin à l’ancien système corrompu et corrupteur et le jugement des principaux auteurs de détournement et dilapidation des deniers publics. Par ailleurs, la structuration du hirak, quand bien même elle serait voulue par des cadres du mouvement, sera sans doute fortement empêchée par le pouvoir actuel. Ce dernier ne peut laisser naître un «mastodonte» politique qu’il aura à affronter lors des prochaines joutes électorales.



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