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dimanche, 26 septembre, 2021
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Interrogations

12 juin 2021 à 10 h 00 min

Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que les députés qui formeront dès demain la neuvième Assemblée nationale populaire (APN) ne seront pas l’émanation d’une force partisane ou populaire, ou d’une quelconque dynamique politique.

Seul le hirak s’est distingué en tant que tel sur les vingt dernières années de la vie politique nationale, et il a décidé de boycotter ces élections.

De quoi sera fait alors le palais Zighout Youcef, si ce n’est d’un piètre assemblage d’amateurs et d’opportunistes en conformité avec l’image désespérément médiocre fournie par une campagne électorale surréaliste. Un autre rendez-vous raté pour rétablir l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions. Sauf miracle.

Que peut-on attendre de la droite identitaire d’un Bengrina et du «jeunisme» sans consistance politique ? Que peut-on attendre de ces «futurs élus» qui en campagne ont fait abstraction de la répression qui s’est abattue sur le hirak pacifique, sur le bâillonnement de la presse et l’emprisonnement des journalistes et de plus de 200 militants de l’opposition ? Rien, si ce n’est reproduire le bouteflikisme sans Bouteflika, et on en est à peu près sûr.

Ce qui est à craindre le plus, c’est d’utiliser ce Parlement faible pour faire voter des lois antidémocratiques, et encore davantage de décisions antinationales. A commencer par celle d’envoyer notre armée sur des fronts lointains sous-traiter des causes qui ne sont pas les nôtres.

Depuis l’amendement de la Constitution en 2020, la question n’est plus un sujet tabou en haut lieu, malgré une réticence de l’opinion publique pas du tout convaincue par ce changement de paradigme. Les va-t-en guerre font avancer leurs pions en veillant à soigner la forme. Le nouveau Parlement servira donc de caution démocratique. Ira-t-il jusqu’à entamer son mandat par approuver l’envoi de nos soldats au Mali ?

Des événements récents recoupés avec des déclarations émanant de hauts responsables plaident pour cette hypothèse. La décision française de mettre fin à l’opération «Barkhane» et rappeler ses troupes ressemble beaucoup à une queue de poisson, sauf si un scénario de rechange est prévu secrètement en concertation avec le pouvoir algérien.

La communication officielle est extrêmement étanche à ce sujet, mais des signes avant-coureurs justifient des conjectures sérieuses. La déclaration faite par le chef de l’Etat à la chaîne Al Jazeera, selon laquelle l’armée algérienne était prête à intervenir en Libye, visait, de ce point de vue, à préparer les esprits.

Ce serait la partie visible d’un contrat tacite entre les deux présidents, algérien et français. Un accord machiavélique qui assurerait à Paris une suite à ses opérations au Sahel, et à Alger une caution de l’Elysée de la feuille de route officielle, au détriment du hirak et de la démocratie. Que feront les députés si cela se confirme ?


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