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samedi, 21 septembre, 2019
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Inquiétante Algérie

08 septembre 2018 à 0 h 27 min

On attendait un petit sursaut salvateur, des sanctions sévères ou au moins des réprimandes contre les sénateurs qui, toute honte bue, on refusé de rejoindre la salle de réunion il y a de cela une semaine pour protester contre l’arrestation d’un des leurs.

Ce dernier, Malik Boudjouher, de la wilaya de Tipasa, a été pris en flagrant délit de corruption, recevant de l’argent, le 17 août dernier, de la part d’un entrepreneur qui avait au préalable informé les services de sécurité. Personne en haut lieu ne leur a fait de remontrance face à ce comportement qui s’apparente à de la complicité et à une tentative de recel d’un délinquant. Les sénateurs en question prétendent que l’arrestation de leur collègue est une violation de la loi et de l’immunité parlementaires.

Cela est extrêmement grave et démontre que le pouvoir ramasse n’importe qui pour en faire «un représentant du peuple». C’est la preuve flagrante que ces individus, officiellement des législateurs, ne connaissent rien à la législation. L’empereur romain Caligula avait bien nommé son cheval au Sénat de Rome ! Ce qui démontre le peu de respect accordé par les maîtres du pays à cette institution. Les sénateurs en question ne savent même pas que l’article 128 de la Constitution dit clairement :

«En cas de flagrant délit ou de crime flagrant, il peut être procédé à l’arrestation du député ou du membre du Conseil de la nation. Le bureau de l’Assemblée populaire nationale ou du Conseil de la nation, selon le cas, en est immédiatement informé.» «Il peut être demandé par le bureau saisi la suspension des poursuites et la mise en liberté du député ou du membre du Conseil de la nation. Il sera alors procédé conformément aux dispositions de l’article 127 ci-dessus.»

Le bureau du Sénat ne s’est jamais réuni. Et ce texte est renforcé par l’article 111 modifié du code pénal.

Ce comportement renforce les convictions du citoyen à l’égard aussi bien du Sénat que de l’APN et pour lequel ces deux institutions ne sont que des chambres d’enregistrement au service d’un régime qui veut se donner un vernis démocratique. Aussi bien sénateurs que députés ne sont là que pour se sucrer et acquérir des privilèges, tout en reconaissant que parmi eux il y a des patriotes sincères qui sont notamment dans l’opposition et qui œuvrent pour l’intérêt du pays.

Au lieu d’ouvrir un débat qui s’impose en urgence sur cette maladie d’un autre âge, le choléra, qui frappe l’Algérie et qui nous ridiculise auprès des «pays frères», Saïd Bouhadja, le président de l’APN, s’attaque aux démocrates qui dénoncent la campagne pour un 5e mandat de Bouteflika et osent dire qu’ils «dépassent l’éthique politique» comme si évoquer la pérennisation de la présidence bouteflikienne relève de «l’éthique politique».

Sénateurs et députés ne sont là que pour flatter l’ego, même si cela doit coûter très cher à l’Algérie et hypotéquer son avenir. Voilà un Sénat qui prend fait et cause pour un délinquant et pour l’illégalité. Cela rappelle un peu ce député de Tébessa qui s’est opposé au paiement obligatoire par chèque, défendant les transactions en liquide avec des sacs poubelle.

On s’interroge aujourd’hui sur l’utilité du Sénat qui a été créé par le président Zeroual pour faire contrepoids à l’APN, susceptible d’être sous influence conservatrice et rétrograde à l’époque.

Ce comportement indécent interpelle la société sur l’urgente nécessité de revoir le fonctionnement des institutions et de procéder à une réelle séparation des pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif.


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