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samedi, 08 août, 2020
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Inquiétant !

06 février 2020 à 9 h 34 min

A près presque deux mois aux commandes du pays, Tebboune et son gouvernement peinent à faire démarrer les affaires publiques.

Ce qui était un programme de campagne électorale dense et ambitieux semble marquer le pas à être appliqué sur le terrain, confronté aux réalités complexes du système politico-policier national. Depuis son installation à la présidence de la République, Abdelmadjid Tebboune ne montre pas la volonté de s’imposer dans la sphère décisionnelle que lui confèrent ses (très) larges prérogatives présidentielles.

Quelques contre-décisions récentes ont soulevé de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique. Un directeur général des Douanes sitôt nommé, sitôt dégommé dans une opacité regrettable (la communication officielle n’existant pas encore) a donné du grain à moudre à la rumeur locale et aux analystes de tout bord… La Télévision nationale attendait l’installation à sa tête d’un vieux routier de la presse, transfuge de la cellule de communication du Sénat dont il en a été le chef pendant de longues années sans que l’on trouve à redire.

Alors qu’il a fait consensus au sein de l’équipe dirigeante (normalement) du pays, Amar Bekhouche s’est vu refuser, on ne sait par qui, de présider au destin du groupe télévisuel public. Pareillement pour l’élargissement des détenus d’opinion que d’aucuns attendaient comme une première mesure de Tebboune dans sa «main tendue» au hirak, auquel il semble aujourd’hui tourner le dos. Les gens sentent comme une difficile adaptation du chef de l’Executif par rapport à l’équilibre des forces en présence, lui qui ne s’attendait pas, à quelques encablures avant le 12 décembre, à accéder à la magistrature suprême et qui l’a été grâce à un extraordinaire concours de circonstances et à l’appui déterminant dans la ligne droite de feu Gaïd Salah.

C’est pour cela, pensons-nous, que trépassée la toute puissance des frères Bouteflika et de leurs acolytes, d’autres forces nées de la gestion sécuritaire et de la manipulation de l’ombre surgissent peu après le 22 février 2019, restent encore actives pour perpétuer, nourrir et entretenir les lignes rouges émises du temps du chef d’état-major autoritaire et imposant aujourd’hui disparu. Les Algériens ne sont pas dupes des interférences visibles ou souterraines qui minent et mineront encore le pouvoir décisionnel «plein et entier» du nouveau locataire d’El Mouradia. La compétition qui s’engage engage le devenir national pour les mois et les années à venir dans la mesure où les citoyens revendiquent et attendent des actes démocratiques et transparents éloignés des pratiques antérieures tellement décriées depuis le 22 février.

Plus encore, l’on ressent qu’il n’y a pas en haut lieu une logique de gouvernance qui dicte d’aller vers l’apaisement afin de faciliter la prise en charge des grands problèmes de l’heure. Atténuer la crise multiforme, réhabiliter l’Etat et ses actions, rééquilibrer les pouvoirs ne pourra faire renaître la confiance du plus grand nombre que si Abdelmadjid Tebboune parvient à fortement s’imposer dans ce magma qu’est devenu le champ politique et décisionnel national, que les nationaux appellent ironiquement «le pouvoir occulte du téléphone».

Dans ce premier round dit d’observation, Tebboune a laissé quelques plumes face à ses adversaires de l’ombre et dont se gaussent déjà de lui les réseaux sociaux. Pourra-t-il se sortir de ce cafouillage qui ne sert ni sa pleine liberté d’agir, ni renforcer sa crédibilité en tant que détenteur absolu du pouvoir aux yeux des Algériens ? Dans ce jeu d’influence et de confusion, des jours difficiles attendent le Président.



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