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Glasgow sauvera-t-elle Paris ?

07 octobre 2021 à 10 h 00 min

Il y a un mois se clôturait à Marseille l’Assemblée générale de l’Union internationale de la nature (UICN). Beaucoup de résolutions, 148, avec en trame «la nécessité de transformer le système financier mondial et des investissements directs en projets qui profitent à la nature».

Mais les 10 000 participants, absorbés par leur préoccupation de la conservation de la biodiversité, ont gardé les yeux rivés vers Glasgow où se tiendra au début du mois prochain la COP26 sur le climat.

Conférence cruciale pour laquelle plus de 1500 organisations ont réclamé le report, rejeté par l’ONU, car a-t-on jugé qu’elle «ne sera ni juste ni inclusive», si la présence des pays les plus pauvres ne sera pas possible, compte tenu des protocoles sanitaires et diplomatiques exigeants de la Grande-Bretagne.

L’inquiétude des participants a fini par gagner les dirigeants. Bruno Oberle, le directeur général de l’UICN, reconnaîtra que «les décisions prises à Marseille vont conduire à agir pour faire face aux crises de la biodiversité et du climat dans la décennie à venir». Un message à l’adresse de la COP26 climat de Glasgow et la COP15 sur la biodiversité de Kunming (Chine) en avril-mai 2022.

Mais que craint-on à Glasgow ? Selon les scientifiques qui travaillent sur ces questions, on se dirige inéluctablement vers une réédition de l’accord de Paris, autrement dit ne pas pouvoir contraindre les pays à plus d’efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’accord de la COP21 de Paris s’est fixé, sans mesures contraignantes, de maintenir la hausse de la température globale à +1,5°C, voire +2°C d’ici 2100. Mais à 4 mois de la COP26, en août, un rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts du climat) indique qu’il faudra sans délai une réduction de 43% des émissions globales avant 2030 pour espérer rester en deçà de 1,5°C.

A Paris, en 2015, 197 pays avaient accepté de réduire leurs émissions. Ils devaient pour cela fournir des Contributions déterminées au niveau national (CDN), Seulement, il se trouve que les plans fournis au 31 juillet 2021 conduisent à un réchauffement à +1,5°C d’ici 2100. Mis en œuvre intégralement, la température grimperait à +2,4°C. «Nous allons à la catastrophe», avait déclaré Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU.

On s’attend à ce que la Chine et l’Inde, qui n’ont pas encore soumis leurs nouveaux engagements, fassent une «contribution substantielle». La Russie et l’Arabie Saoudite qui participaient à cette pré-COP à Milan se sont, elles, montrées réticentes, indique encore l’ONU.

Tout l’enjeu de Glasgow est de persuader les pays à revoir dans de courts délais leur plan d’action (CDN). Le monde a beaucoup changé depuis 2015.

Il y a eu entre temps un rajeunissement salutaire des acteurs politiques économiques et sociaux auquel il faut ajouter la multiplication des catastrophes naturelles, mégafeux, ouragans, inondation, pollution atmosphérique, fonte des glaces qui ont touché les esprits.

Ces évolutions ont concouru à convaincre des pays à contribuer plus énergiquement à l’effort international dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est aussi le mince espoir auquel s’accroche la COP26 de Glasgow, dernier virage avant 2030.


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