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jeudi, 24 septembre, 2020
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Éviter la fracture

06 août 2020 à 9 h 30 min

C’est le 10 août courant que le verdict final sera rendu contre Khaled Drareni, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche. L’ardent souhait exprimé du plus profond de la société algérienne est que soient libérées et réhabilitées ces trois personnes, l’une journaliste professionnel arrêté dans l’exercice de son métier, les deux autres, des hirakistes actifs dans un cadre pacifique.

Être journaliste ou hirakiste ne peut être un délit, comme ne peut pas l’être un opposant politique, aux idées forcément dérangeantes, à l’exemple de celles de Rachid Nekkaz et de Ali Ghediri incarcérés depuis de longs mois et qui attendent eux aussi d’être remis en liberté.

Le 10 août sera un test majeur pour le pouvoir politico-judiciaire actuel : soit il manifeste une volonté franche d’ouvrir une nouvelle ère d’apaisement politique, soit il reste figé dans le mauvais statu quo actuel, dont la principale marque est l’atteinte à la liberté d’expression. Une détente n’est pas un luxe, elle aura des retombées positives sur le regard des Algériens à l’endroit du régime en place et de la justice, qui ont bien besoin de ce changement tant ils ont été malmenés, tous ces derniers mois, dans le sillage des multiples arrestations d’activistes du hirak et des médias, accompagnées la plupart du temps de lourds verdicts des tribunaux. Les dirigeants politiques ont cruellement besoin d’un accompagnement de la société algérienne pour affronter les graves défis de la crise multiforme qui affecte le pays.

Il s’agit d’abord de faire face à la grave pandémie liée à la Covid-19, impossible d’y arriver sans la participation effective de la population. La sortie ensuite de la crise économique et sociale ne peut se faire sans l’adhésion de cette dernière. Tout comme à l’évidence l’acceptation d’un nouveau processus de révision constitutionnelle, autre cheval de bataille du pouvoir, opération qui exigera également l’adhésion de la classe politique, principalement l’opposition, jusque-là en retrait ou marginalisée.

La société civile ne peut, de son côté, ne pas être partie prenante. Ce serait suicidaire pour le régime en place de faire cavalier seul, d’ignorer le peuple et son élite, pis encore, de s’opposer à eux et leur imposer des choix non acceptés. Une véritable démocratie est un lien fort, constant et sincère entre les dirigeants et les multiples acteurs de la vie publique.

Elle est en attente en Algérie alors qu’elle est l’unique voie à emprunter pour la sortie du tunnel. Ce n’est pas un hasard si la démocratie a été le principal mot d’ordre du hirak. Les Algériens savent ce qu’elle est, avisés par les décennies de luttes antérieures qui les ont opposés aux régimes honnis. L’histoire du pays depuis l’indépendance est une incessante quête pour de vraies libertés publiques et individuelles et pour un Etat représenté par des institutions représentatives, à l’écoute permanente et réelle des populations. Les dirigeants sont attendus sur le terrain démocratique. Leur crédibilité, leur acceptation, voire leur survie dépendent de leur volonté à aller franchement et sainement vers une authentique démocratie.

C’est encore possible et cela passe en premier lieu par de la détente, c’est-à-dire par la libération de l’ensemble des détenus politiques, suivie du bannissement du réflexe mortel de privation des libertés, dès lors qu’il s’agit de liberté d’expression. Un réflexe qui a déjà fait trop de dégâts.



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