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Et maintenant ?

16 décembre 2019 à 9 h 33 min

Dix mois d’une mobilisation citoyenne, appelant à une rupture définitive avec le système politique autoritaire à l’origine de tous les maux que connaît le pays depuis l’indépendance.

S’ils n’ont pas pu empêcher le pouvoir «réel» de boucler le formalisme constitutionnel auquel l’état-major était attaché, ils n’ont pas moins prouvé que la vitalité et la détermination de la Révolution du sourire étaient encore intactes, y compris et surtout après une présidentielle qui tient plus de la mascarade électorale que d’autre chose.

Nonobstant les magouilles sur les chiffres auxquels il a dû être forcé de recourir pour la rendre moins comique, le constat est accablant : sur dix Algériens en âge de voter, six ont refusé de se prêter à cette mise en scène burlesque. Ils étaient d’ailleurs des milliers à sortir le soir de l’élection pour dénoncer la farce électorale, à Alger et dans d’autres villes du pays. Des violences policières sont d’ailleurs venues émailler ce que le pouvoir a voulu qualifier de fête. Le 43e vendredi a été, quant à lui, une véritable démonstration de force du hirak, parfois violemment réprimée, comme ce fut le cas à Oran et suivie d’arrestations de manifestants par la police et de comparutions immédiates devant les tribunaux.

On est donc loin du climat de sérénité et d’apaisement qui aurait dû prévaloir au lendemain d’une telle échéance, même si elle est refusée par la majorité des Algériens. On remarquera aussi qu’au fil des semaines, la mobilisation citoyenne fait preuve d’une solidarité, d’une union et d’une conscience nationale qui lui confèrent assurément son caractère révolutionnaire aspirant à un ou des changement(s) qualitatif(s). De ce fait, il devient incontournable en dépit des velléités de division du pouvoir en entretenant de faux clivages et autres abcès de fixation, comme on a pu le voir avec la question de l’emblème amazigh que le pouvoir entend opposer à l’unité nationale.

Mais la force du hirak, c’est d’avoir su transcender tous ces obstacles dans un élan, unitaire et solidaire, sans cesse renouvelé, notamment depuis l’été, pour être un vaste mouvement de contestation générale porteur de revendications pour le changement. Alors qu’en face, le pouvoir reste sourd aux demandes des citoyens, enfermé dans un déni et refuse de voir le mouvement social inédit qui s’est mis en marche le 22 février dernier. Depuis le 12 décembre et après une élection présidentielle frappée d’une abstention record qui avoisine les 60%, il est difficile de ne pas admettre qu’il y a là un grave déficit de légitimité, y compris à travers l’image que renvoie l’Algérie à ses partenaires étrangers qui n’ont pas manqué de souligner le degré de mobilisation citoyenne en souhaitant que le pouvoir en tienne compte en ouvrant un dialogue sincère et franc. La balle est donc dans le camp du pouvoir.


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