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samedi, 30 mai, 2020
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Sid Ali Khaldi l’a fait

21 mai 2020 à 9 h 41 min

Le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Sid Ali Khaldi, a joint l’acte à la parole et déposé plainte contre X dans l’affaire de l’enregistrement sonore dans lequel deux personnes – le manager général de l’ES Sétif, Fahd Halfaya, et le dénommé Nassim Saadaoui – formellement identifiés par des acteurs du football comme étant les deux individus qui échangeaient sur la planification d’arrangements de matchs.

Le second nommé est présenté comme intermédiaire de joueurs et surtout un très proche des présidents Kheireddine Zetchi (FAF) et Abdelkrim Medouar (LFP). Il aurait fait de sa proximité avec les deux dirigeants un fonds de commerce très juteux et lucratif. Il avait la haute main sur les transferts de joueurs et d’entraîneurs. Depuis l’arrivée de Kheireddine Zetchi à la tête de la Fédération au printemps 2017, il est devenu incontournable dans les transferts et les travers (nombreux) du football algérien livré aux prédateurs et autres spécialistes d’arrangements de matchs.

A l’ombre de ses solides amitiés avec des responsables du football, il a bénéficié d’une impunité sans limite pour s’adonner à ses «activités» liées aux affaires scabreuses du football envahi par une faune de voyous sans foi ni loi. L’enregistrement sonore a faussé tous les calculs des fossoyeurs du football. Il est la preuve concrète et irréfutable que le football algérien est gangrené par la corruption depuis longtemps.

La Fédération et la Ligue n’ont pas pris la mesure du tsunami qu’allait provoquer cette fuite sonore. Elles ne donnaient pas l’impression de fuir leurs responsabilités. Elles ont tergiversé pendant six jours bercés par des communiqués laconiques, teintés de réchauffé, sans emprise réelle sur la gravité de la situation. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, lui, ne s’est pas dérobé à son devoir et ses responsabilités. Son geste a été salué et hautement apprécié par tous ceux qui désespéraient d’un changement, qu’ils appelaient de tous leurs vœux, qui tardait à se concrétiser.

Cette affaire doit être le point de départ d’une nouvelle ère. Celle de l’intégrité, de la compétence, de la loyauté, du dévouement et de l’engagement désintéressé au seul profit du football et de ses véritables acteurs. C’est le moment qu’attendaient depuis longtemps des millions d’Algériens et d’Algériennes dégoûtés par l’évolution d’un football infesté de bandits et de voyous qui ont sali le sport populaire par excellence, sous les yeux et la complicité d’une horde d’irresponsables qui ont fait du football algérien la risée du monde.

Les enjeux de cette affaire dépassent les petites personnes qui vont se retrouver dans la charrue des accusés. Ils sont ailleurs, c’est-à-dire dans la moralisation du football et du sport. C’est le moment indiqué pour éradiquer le système ancien et ses vestiges. La bataille sera perdue si elle reste concentrée sur une poignée d’individus qui, au cours des ans, ont conduit le football dans cette impasse.

C’est le système qu’il faut abattre pour que ses fossoyeurs ne se reproduisent plus quitte, par exemple, à dissoudre l’assemblée générale de la Fédération et toutes les ligues qui se sont rendues complices de la tragédie du football national en cautionnant toutes les dérives. La gravité de la situation requiert un traitement radical.

L’Algérie nouvelle que prône le discours officiel depuis l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Etat ne peut faire l’économie d’un changement radical, une révolution dans les mœurs et la conduite des affaires sportives et surtout footballistiques.

C’est tout l’enjeu de cette affaire. La carence des instances du football n’est plus à démontrer. Elle est parfaitement illustrée par les atermoiements de la Fédération et de la Ligue.

Le ministre leur a laissé assez de temps, six jours, pour réagir dans le bon sens. Elles ne l’ont pas fait et l’ont obligé à actionner la justice en réponse aux attentes des Algériens scandalisés par cette affaire et ses relents de corruption et d’arrangements de matchs. Elles ne se sont pas mises au diapason de la demande de changement revendiqué par le hirak depuis février 2019.

Elles sont restées fidèles à la îssaba qui leur a préparé le terrain de l’accession au trône. L’affaire de l’enregistrement sonore est une occasion rêvée pour opérer une rupture radicale avec le funeste passé.

Mieux, les circonstances et les statuts de la FAF, de la FIFA et de la CAF, permettent d’ouvrir les dossiers de corruption qui datent de moins de dix ans.



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