Des forcenés à «El Mouradia» | El Watan
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Des forcenés à «El Mouradia»

20 mars 2019 à 9 h 30 min

La schizophrénie qui s’est emparée du pouvoir algérien rappelle celle du forcené qui, dans un accès de folie après avoir saccagé ses biens, menace ses proches et se retranche chez lui, sourd aux appels à la raison. Même si la mobilisation citoyenne enclenchée depuis le 22 février se poursuit et prend de l’ampleur, comme on a pu le constater hier avec les manifestations des médecins et des étudiants à Alger et dans d’autres villes du pays, le régime incarné par Abdelaziz Bouteflika use et abuse de supercheries à travers une «feuille de route» devant conduire à la fin du système autoritaire en place. Feuille de route rejetée par tout le monde, en premier lieu par les citoyens qui continuent à battre le pavé les vendredis et les autres jours de la semaine.

Une fois de plus, il vient d’en remettre une couche, comme on dit, à travers une missive attribuée au Président sortant et adressée au peuple algérien, à l’occasion de la commémoration du 19 Mars, fête de la Victoire, consacrant le cessez-le-feu et la fin de la Guerre de Libération nationale. Cette lettre de Bouteflika, ou supposée être signée par lui, insiste encore sur la conférence inclusive qui devrait, selon lui, se tenir dans un avenir très proche. Elle serait la solution miracle pour sortir de la crise dans laquelle son régime et ses affidés ont plongé le pays.

Non seulement le premier et les seconds n’ont pas compris que le peuple s’est soulevé dans le calme et la dignité, avec une prise de conscience rarement vue ailleurs, contre le fait accompli, à savoir la prolongation du mandat présidentiel et surtout contre la volonté du régime à vouloir contrôler la transition comme il l’entend, du début à la fin.

Tout comme ils n’ont pas compris que les citoyens qui ont exprimé leur colère depuis plus de quatre semaines attendaient un geste fort de ce régime, à savoir son départ avant le 28 avril, date de son expiration constitutionnelle, et passer ainsi la main à ceux qui auront à conduire la phase de transition qui s’annonce. C’est là la condition d’un passage crédible à la nouvelle République que tout le monde appelle de ses vœux.

Malheureusement, le régime persiste dans son entêtement, même si dans de telles conditions il est frappé d’une suspicion légitime et qu’il peine notamment à trouver de «nouvelles têtes», pour faire partie de l’Exécutif, il ne recule pas pour autant et ne désespère pas à essayer de faire vendre «sa feuille de route» à l’étranger auprès des partenaires de l’Algérie.

C’est la mission dévolue à Ramtane Lamamra, mandaté par le pouvoir pour aller chercher le «quitus» de l’extérieur à l’égard du projet du régime, alors que les Algériens, à l’intérieur et à l’extérieur, le rejettent dans leur grande majorité. Décidément, ces forcenés, retranchés à la présidence de la République à El Mouradia, comptent tenir encore quelque temps en misant sur un éventuel essoufflement de la mobilisation citoyenne, mais la perte de la réalité les empêche de se rendre compte qu’ils font face à une véritable lame de fond qui va tout emporter.


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