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De quoi sera fait demain ?

09 décembre 2019 à 9 h 07 min

Suivie ça et là, la désobéissance civile reste le dernier acte du hirak avant le scrutin du 12 décembre, mais il n’est pas exclu que des manifestations grandioses marquent ce jour-là, clamant, une nouvelle fois, le rejet total de ce qui, dès le départ, a été qualifié de «mascarade» électorale.

Une nouvelle fois, les Algériens ne manqueront pas de dire, haut et fort, que le scrutin présidentiel est illégitime car conduit par des autorités illégitimes et en dehors d’une transition démocratique à même de redessiner les contours de la nouvelle Algérie. Assénées depuis le 22 février, ces revendications n’ont rencontré que rejet et hostilité des dirigeants politico-militaires qui, fait gravissime, ont jeté des dizaines de manifestants et plusieurs opposants politiques et lanceurs d’alerte dans les geôles. Parallèlement, ont été traqués les détenteurs de l’emblème amazigh et mises en œuvre des restrictions de circulation de personnes et de véhicules entre les wilayas durant les journées de protestation. Une lourde chape de plomb a été posée sur les médias publics pour que la voix du hirak soit censurée ou diabolisée et d’intolérables intimidations ont concerné les quelques médias libres du pays.

Tout cela n’a pas empêché le hirak de déferler dans les rues, pendant 42 semaines, dans un pacifisme et une endurance faisant l’admiration du monde entier. Tout naturellement, le 12 décembre, il pèsera de tout son poids pour que les bureaux de vote du pays soient désertés. Il a déjà engrangé un franc succès au niveau des consulats à l’étranger.

Pour autant, le pouvoir reviendra-t-il à la raison en faisant annuler cette drôle d’élection et en libérant les détenus d’opinion ? Aucun signe ne plaide pour ce salutaire sursaut, les manœuvres du pouvoir ne cessant pas. La toute dernière est la programmation du procès des deux anciens Premiers ministres, Ouyahia et Sellal, dans le but de présenter une image vertueuse des autorités, quoique celle-ci ait été entachée sérieusement par les insultes odieuses du ministre de l’Intérieur en direction des manifestants du hirak.

Il faut s’attendre donc à ce que la journée du 12 décembre soit mise sous contrôle total par les services de sécurité, notamment au niveau des bureaux de vote. Il n’est pas exclu que des incidents viennent ponctuer la journée, voire même des troubles sérieux. Le but final du pouvoir est d’annoncer un chiffre et un nom par le biais de la fameuse «Autorité nationale indépendante des élections». Marquée par la logique du système politique ancien dont elle est une des incarnations, elle donnera un taux de participation qu’elle jugera suffisamment «utile» pour «légitimer» le scrutin. Et, bien entendu, elle aura à annoncer le nom du candidat choisi comme nouveau président de la RADP. Personne ne sera dupe, il ne sera pas le fait des votants majoritaires, mais bel et bien celui sur lequel se seraient entendu – par consensus ou rapport de force – les actuels décideurs du pays, ceux qui ont pris la relève du régime Bouteflika, ont utilisé ses hommes et ses méthodes. Des décideurs de l’ombre qui comptent utiliser cet homme-là pour recoller les morceaux du système ancien et créer une nouvel ordre politico-militaire qui ressemblera à l’ancien système, qui sera seulement débarrassé des excès et des dérives des Bouteflika.


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