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samedi, 18 septembre, 2021
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Crise politique, remède économique

01 juillet 2021 à 10 h 00 min

Après la disparition du hirak du paysage national dans sa forme de révolution de masse, et la tenue des élections législatives, en dépit de la forte opposition au processus électoral qui s’était traduite, pour la troisième fois consécutive, après la présidentielle et le référendum constitutionnel, par un taux d’abstention record, le pays est-il entré dans une phase de normalisation politique et institutionnelle ?

A en croire le discours officiel et les déclarations optimistes des chefs des partis et du représentant du groupe des indépendants reçus par le président Tebboune dans le cadre des consultations politiques sur la formation du gouvernement, la crise politique est derrière nous. Pour eux, le défi qui attend désormais l’Algérie, dans les mois à venir, est fondamentalement d’ordre économique dès lors que le pays s’est doté de nouvelles institutions.

Cette Algérie virtuelle, supposée réconciliée avec ses dirigeants et ses institutions, apaisée, stable politiquement et socialement, forte de son front intérieur, apte à défendre la souveraineté du pays contre les agressions extérieures, contraste avec l’autre Algérie des voyants qui sont tous au rouge.

Au plan économique et social, de la consécration de la démocratie et de l’Etat de droit, du respect des libertés individuelles et collectives, des droits de l’homme avec un bilan peu élogieux de près de 300 détenus d’opinion… Incontestablement, le fossé n’a fait que se creuser davantage entre ces deux Algérie qui s’affrontent, se tournent irrémédiablement le dos après les résultats des élections législatives et la victoire éclatante du parti du boycott arrivé en tête du scrutin, avec un taux d’abstention de près de 80% du corps électoral.

On voit mal comment, dans un tel champ de mines, l’Exécutif, le Parlement et les autres institutions pourront-ils gérer le pays, dans le calme et la sérénité, légiférer pour la nation, sans l’adhésion de la population.

Plus les Algériens seront largement associés à la gestion du pays, par la voie de la démocratie participative, dans tous les segments de la vie nationale et des institutions, à travers leurs représentants élus démocratiquement, plus fort sera l’Etat, légitimé alors dans ses fondements doctrinaux consacrant le peuple comme la source unique du pouvoir – une question nodale qui est revenue au centre du débat constitutionnel après l’éviction de Bouteflika – pour affronter tous les défis qui se poseront à lui.

Lorsqu’elles sont frappées d’illégitimité, due à des pratiques de fraude ou de rejet massif du scrutin, les élections ne peuvent pas traduire la volonté populaire dans la plénitude de son expression démocratique. La majorité populaire prime sur le démocratisme électoral bête et discipliné.

Entre le pouvoir, l’opposition et le hirak, le désaccord demeure entier sur le diagnostic de la crise et la démarche politique qui doit soutenir le changement prôné. La nomination, hier, par le président Tebboune, au poste de Premier ministre, d’Aymen Benabderrahmane, ministre des Finances du gouvernement sortant, traduit un choix et un recentrage des priorités du programme présidentiel qui s’inscrit dans une nouvelle étape post-crise institutionnelle, axée sur les priorités économique et sociale.

Pour le hirak et l’opposition, la crise étant fondamentalement de nature systémique, la solution pour en sortir ne pourrait être que politique ; tout le reste en découle. Deux trains, deux destinations opposées. 


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